‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 223 sur 248 · ACTE ni, SCÉl^SE ÏV · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCÉl^SE ÏV

Jiigcz dune si Carlos en peut être beau-frère, Et si vous devez, rompre un nœud si salutaire , Hasarder un repos à votre état si doux, Qu'affermit sous vos lois la concorde entre nous.

D. ISABELLE

Et ne savez-vous point qu étant ce que vous êtes, Vos sœurs par conséquent mes premières sujettes. Les donner sans mon ordre, et même malffré moi, C'est dans mon propre état m'oser faire la loi?

D. MANRIQUE

Agissez donc enfin, madame, en souveraine, Et souffrez qu'on s'excuse, ou commandez en reine; Nous vous obéirons, mais sans y consentir; Et, pour vous dire tout avant que de sortir, Carlos est généreux, il connott sa naissance; Qu'il se juge en secret sur cette connoissance; Et, s'il trouve son sang digne d'un tel honneur, Qu'il vienne, nous tiendrons l'alliance à bonheur; Qu'il choisisse des deux, et l'épouse, s'il l'ose.

Nous n'avons plus, madame, à vous dire autre chose Mettre en un tel hasard le choix de leur époux. C'est jusqu'où nous pouvons nous abaisser pour vous; Mais, encore une fois, que Carlos y regarde.

Et pense à quels périls cet hymen le hasarde.

D. ISABELLE

Vous-même gardez bien, pour le trop dédaigner. Que je ne montre eniiu comme je sais régner.

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