ACTE III, SCflNE VI
Ht non point par amour, il se donne ;\ quelqu'une; Que par mou ordre seul il s'y laisse obliger; Que ce soit m' obéir, et non me négliger; Et que, voyant ma flamme à l'honorer trop prompte, Il m'ôte de péril sans me faire de honte.
Car enfin il l'a vue, et la connolt trop bien : Mais il aspire au trône, et ce n'est pas au mien ; Il me préfère une autre, et cette préférence Forme de son respect la trompeuse apparence : Taux respect, qui me brave, et veut régner sans moi!
BLANCHE
Pour aimer done Elviie, il n'est pas encor roi.
Elle est reine , et peut tout sur l'esprit de sa mère.
BLANCHE
Si ce n'est un faux bruit, le ciel lui rend un frère. Don Sanche n'est point mort, et vient ici, dit-on, Avec les députés qu'on attend d'Aragon; C'est ce qu'ea arrivant leurs 5eûs out fait entendre.
n. ISABELLE.
Blanche, s'd est ainsi, que d'henr j'en dois attendre!
L'injustice du ciel, faute d'autres objets.
Me forçoit d'abaisser mes yeux sur mes sujets.
Ne voyant point de prince égal à ma naissance
Qui ne fût sous l'hymen, ou Maure, ou dans l'enfonce:
Mais, s'il lui rend un frère, il m'envoie un époux.
Comtes, je n'ai plus d'yeux pour Carlos ni pour vous; Et devenant par là reine de ma rivale, J'aurai droit d'empêcher qu'elle ne se ravale; Et ne souffrirai pas qu'elle ait plus de bonheur
44o DON SANCHE.
Que ne m'en ont permis ces tristes lois d'honneur.
BLANCHE
La belle occasion que votre jalousie,
Douteuse encor qu'elle est, a promptement saisie!
D. ISABELLE
Allons l'examiner, Blanche; et tâchons de voir Quelle juste espérance on peut en concevoir.