‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 238 sur 248 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE

D. ISABELLE

J'interromps vos secrets, mais j'y prends part moi-m Et j'ai tant d'intérêt de connoître ce fils, Que j'ose demander ce qui s'en est appris.

D. LÉONOR

Vous ne m'en voyez point davantage éclaircie.

D. ISABELLE

Mais de qui tenez-vous la mort de don Garcie,

46o DON SANG HE.

Vu que, depuis un mois qu'il vient des députés , On parloit seulement de peuples révoltés?

D. LÉONOR

Je vous puis sur ce point aisément satisfaire; Leurs gens m'en ont donné la raison assez claire.

On assiégeoit encore, alors qu'ils sont partis, Dedans leur dernier fort don Garcie et son fils : On Ta pris tôt après; et soudain par sa prise Don Raimond prisonnier recouvrant sa franchise, Les voyant tous deux morts, publie à haute voix Que nous avions un roi du vrai sang de nos rois, Que don Sanche vivoit, et part en diligence Pour rendre à FAragon le bien de sa présence : Il joint nos députés hier sur la fin du jour, Et leur dit que ce prince étoit en votre cour.

G'est tout ce que j'ai pu tirer d'un domestique : Outre qu'avec ces gens rarement on s'explique. Gomme ils entendent mal, leur rapport est confus : Mais bientôt don Raimond vous dira le surplus. Que nous veut cependant Blanche tout étonnée?

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