‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 97 sur 248 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HÉRAGLIUS.

Quelle confusion étrange ■ De deux princes fait un mélange Qui met en discord deux amis !

Un père ne sait où se prendre; Et plus tous deux s'osent défendre Du titre infâme de son fils , Plus eux-mêmes cessent d'entendre Les secrets qu'on leur a commis.

Léontine avec tant de ruse Ou me favorise ou m'abuse, Qu'elle brouille tout notre sort:

' On a presque toujours retranché aux représentations ces stances ; elles ne valent ni celles de Polyeucte^ ni celles du Cid : ce n'est qu'une ode du poète sur l'incertitude où les héros de la pièce sont de leur destinée ; ce n'est qu'une répétition de tous les sentiments tant de fois étalés dans la pièce; et, puisque c'est une répétition, c'est un défaut.

Un mélange de deux princes y deux amis en discord, un sort brouillé^ ce quHéraclius a de connaissance qui brave une orgueil' leuse puissance^ ne sont pas des manières de parler qui puissent entrer ni dans une tragédie , ni dans des stances.

HÉIUCLIUS.

Ce c[ue j'en eus de coiinoissance Brave une orgueilleuse puissance Qui n'en croit pas mon vain effort; Et je doute de ma naissance Quand on me refuse la mort.

Ce fier tyran qui me caresse Montre pour moi tant de tendresse Que mon cœur s'en laisse alarmer:

Lorsqu'il me prie et me coujure, Son amitié paroit si pure.

Que je ne saurais présumer Si c'est par instinct de nature.

Ou par coutume de m' aimer.

Dans cette croyance incertaine , J'ai pour lui des transports de haim:

Que je ne conserve pas bien:

Celte grâce qii il veut me faire Étoime et trouble ma colère; Etje n'ose résoudre rien, Quand je trouve un amoui- de père En celui qui ni'6i;i le mien.

Retiens, grande ombre de Maurice, Mon ame au bord du précipice Que cette obscurité lui fait.

Et m'aide à faire mieux connoitre Qu'en ton fils Dieu n'a pus fait naître Un prince à ce [tuint imparfait.

ao4 HÉRAGLIUS.

Ou que je méritois de Tétre, Si je ne le suis en effet.

Soutiens ma haine qui chancelle; Et redoublant pour ta querelle Cette noble ardeur de mourir, Fais voir.... Mais il m'exauce, on vient me secourir.

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