ASPAR, LÉON, IRÈNE
LftON, à Jsptir.
Vous me pardonnez bien, seigneur, si je vous quitte; C'est suppléer assez à ce que je vous tloi Que vous laisser ma sœur, qui vous piait plus que moi.
Vous m'obligez, seigneur; mais en cette occurrence J'ai besoin avec vous d'un peu de conférence.
Du sort de l'univers nous allons décider :
L'affaire vous regai-de, et peut un; regarder; Et si tous mes amis ne s'unissent aux vôtres, Nos partis divisés pourront céder à d'autres.
Agissons de concert; et, sans être jaloux.
En ce grand coup d'état, vous de moi, moi de vous, Juroiis-nous que des deux qui que l'on puisse élire
238 PULCHÉRIE
Fera de son ami son collègue à Tempire; Et, pour nous Fassurer, voyons sur qui des deux Il est plus à propos de jeter tant de vœux; Quel nom seroit plus propre à s'attirer le reste : Pour moi, je suis tout prêt, et dès ici j'atteste....
LÉON
Votre nom pour ce choix est plus fort que le mien,
Et je n'ose douter que vous n'en usiez bien.
Je craindrois de tout autre un dangereux partage;
Mais de vous je n'ai pas , seigneur, le moindre ombi
Et l'amitié voudroit vous en donner ma foi :
Mais c'est à la princesse à disposer de moi;
Je ne puis que par elle, et n ose rien sans elle.
ASPAR
Certes, s'il £Eiut choisir l'amant le plus fidèle, Vous Fallez emporter sur tous sans contredit : Mais ce n'est pas, seigneur, le point dont il s'agit; Le plus flatteur effort de la galanterie Ne peut....
LÉON
Que voulez-vous? j'adore Pulchérie; Et, n ayant rien d'ailleurs par où la mériter, J'espère en ce doux titre, et j'aime à le porter.
ASPAR
Mais il y va du trône, et non d'une maîtresse.
LÉON
Je vais faire, seigneur, votre offre à la princesse; Elle sait mieux que moi les besoins de l'état. Adieu : je vous dirai sa réponse au sénat.