‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 171 sur 285 · A .S PA II · texte numérisé non relu

A .S PA II

Voua dites vrai , madame ; et du moins j'ose dire Que me donner un cœur au-dessous de l'empire, Cn coeur qui me veut faire une honteuse loi , C'est ne me donner rien qui soit digne de moi.

Indigne que je suis d'une foi si douteuse,

Vous fais-je quelque loi qui puisse être honteuse?

386 PULGHÉRIE.

Et si Léon devoit Fempire à votre appui, Lui qui vous y feroit le premier après lui, Auriez-vous à rougir de Fen avoir fait maître. Seigneur, vous qui voyez que vous ne pouvez Tétre?

Mettez-vous, j'y consens, au-dessus de Famour, Si, pour monter au trône, il s'offre quelque jour. Qu à ce glorieux titre un amaut soit volage.

Je puis Fen estimer, Fen aimer d'avantage.

Et voir avec plaisir la belle ambition Triompher d'une ardente et longue passion.

L'objet le plus charmant doit céder à l'empire. Bégnez; j'en dédirai mon cœur s'il en soupire. Vous ne m'en croyez pas, seigneur; et toutefois Vous régneriez bientôt si Fon suivoit ma voix. Apprenez à quel point pour vous je m'intéresse. Je viens de vous offrir moi-même à la princesse; Et je sacrifiois mes plus chères ardeurs A Fhonnem* de vous mettre au faîte des grandeurs. Vous savez sa réponse, « Ou Léon ou personne. »

ASPAR

C'est agir en amante et généreuse et bonne :

Mais, sûre d'un refus qui doit rompre le coup, La générosité ne coûte pas beaucoup.

IRÈNE

Vous voyez les chagrins oii cette offre m'expose. Et ne me voulez pas devoir la moindre chose I Ah! si j'osois, seigneur, vous appeler ingrat!

ASPAR

L'offre sans doute est rare, et feroit grand éclat, Si, pour mieux m'éblouir, vous aviez eu l'adresse

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