SCÈNE III
ORODE, PALMIS.
oiinoE.
Suréna m "u surpris, et je n'aurois pas dit Qu'avec tant de valeur il eût eu tant d'esprit: Mais moins on le prévoit, et plus cet esprit brille; Il trouve des raisocis à refuser ma tille, Mais fortes, et qui même ont si bien succédé, Que s'en disant indigne il m'a persuadé,
Savez-voiis ce qu'il aime? Il est hors d'apparence Qu'il fasse un tel refus sans quelque préférence, Sans quelque objet cliarmant, dont l'adorable choii Ferme tout son grand cœur au pur sanjj de ses rois.
PALMIS.
.1 ai cru qu'il n'aimoit rien.
ORODE.
U me l'a dit lui-même- Mais la princesse avoue, et hautement, qu'elle aime: Vous êtes sou amie, et savez quel amant Dans un cœur qu'elle doit règne si puissamment.
PALMIS.
Si la princesse en moi prond quelque confiance, Seigneur, m'cst-il permis d'en faire confidence? Reçoit-on des .secrets sans une forte loi?
OROBE.
(c croyois qu'elle pût se lorapre pour un roi, Kt veux bien toutefois c|u'elle soit si sévère Qu'en mon propre intérêt elle oblige à se taire: