‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 224 sur 285 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Vous m'entCDdez, seigneur, et c'est vous dire assez D'où me viennent pour vous ces vœux intéressés. J'ai part à votre gloire, et je treuilile pour elle Que vous ne la souilliez d'une tache éternelie. Que le barbare éclat d'un indigne soupçon Ne fasse à l'univers détester votre nom , Et que vous ne veuIUiez sortir d'inquiétude Par une épouvantable et noiie ingratitude, Pourrois-je après cela vous conserver ma foi Comme si vous étiez encor digne de moi, Recevoir sans horreur l'offre d'une couronne Toute fumante encor du sang qui vous la donne, Et mexposer en proie aux fureurs des Komains, Quand pour les repousser vous n'auriez point de mains? Si Crassns est défait. Home n'est pas détruite; D'autres ont ramassé les débris de sa fuite; De nouveaux escadrons leur vont enfler le cœur; Et vous avez besoin encor de son vainqueur.

Voilà ce que pour vous craint une desdnée Qui se doit bientôt voir à la vôtre encbaînée , Et deviendroil infarae à se vouloir unir Qu'à des rois dont on puisse aimer le souvenir.

PACORUS

Tout ce que vous craignez est en votre puissance. Madame; il ne vous làut qu'un peu d'obéissance. Qu'exécuter demain ce qu'un père a promis:

L'amant, le confident, n'auront plus d'ennemis. C'est de quoi, de nouveau , tout mon cœur vous conjure, Par les tendres respects d'une flamme si pure. Ces assidus respects, qui, sans cesse bravés,

Ne peuvent obtenir oe que voas me devez, Par tout ce qu'a de rude un orgueil inflexible, Par tous les maux que souffre

EQltY'DICEk

Et moi, suis-je insensible?

Livre-t-on à mon cœur de moins rudes combats? Seigneur, je suis aimée, et vous ne Têtes pas. Mon devoir vous prépare un assuré remède, Quand il n en peut souffrir au mal qui me possède ; Et pour finir le vôtre, il ne veut qn un moment; Quand il font que le mien dure étemelloDem.

PACORUS

Ce mPMnent quelqucfeis est difficile à prendre, Madame ;•€« si le roi se lasse de lattendre, Pour venger le mé{)ris de son autorité, Songez à œ -que peut un monarque irrité.

EURYDICE

Ma vie est en ses mains, et de^son grsmd courage Il peut montrer «ur elle un glorieux ouvrage.

PACORUS

Traitez-le mieux, de grâce, et ne vous alarmez Que pour la sûreté de ce que vous aimez.

Le roi sait votre foible, et le trouble que porte Le péril d'un amant dans Famé la plus forte.

EURYDICE

C'est mon foible, il est vrai; mais, si j*ai de ramonr, J'ai du cœur, efpourrois le mettre en son plein jour. Ce grand roi cependant prend une aimable voie Pour me faire accepter ses ordres arvec joie! Pensez-y mieux, de grâce; et songez qu'au besoin

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