‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 256 sur 285 · ACTE II, SCENE IV. 4sy · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. 4sy

Quelque amour qu à nos yeux vous piéfénez au nôtre Tious voulons bien mourir de douleur et d amour.

psïCHi::.

Vivez, princes, vivez, et de ma destinée Ne songez plus à rompre ou partager la loi; Je crois vons l'avoir dit, le ciel ne veut que moi.

Le ciel m'a seule condamnée. [

Je pense ouïr déjà les mortels sifflements

De son ministre qui s'approche:

Ma frayeur me le peint, me 1 oilie à tous moments; Et, maîtresse qu'elle est de tous lues sentiments. Elle me le figure au liant de cette roche.

J'en tombe de foiblesse; et mon cœur abattu Ne soutient plus qu'à peine un reste de vertu. Adieu, princes; fuyez, qu'il ne vous empoisonne.

,\GKNOfi.

Sien ne s'offre à nos yeux enror qui les étonne^ Et quand vous vous peignez un si proche trépas,

Si la force vous abandonne,

Nous avons des cœurs et des bras

Que l'espoir n'abandonne pas.

Peut-être qu'un rival a dicté cet oracle, Que l'or a fait pailer celui qui l'a i cndu.

Ce ne seroit pas nn miracle Que pour un dieu ninet un homme eût répondu; Et dans tous les climats on n'a que trop d'exemples Qu'il est, ainsi qu'ailleurs , des méchants dans les tempi

CLEO MÈNE.

Laissez-nous opposer an lâche ravisseur A qui le sacrilège indignement vous livre.

43o PSYCHÉ.

Un amour qu'a le ciel choisi pour défenseur De la seule beauté pour qui nous voulons vivre. Si nous n'osons prétendre i\ sa possession, Du moins en son péril permettez-nous de suivre L'ardeur et les devoirs de notre passion.

PSYCHÉ

Portez-les à d'autres moi-mémes.

Princes, portez-les à mes sœurs,

Ces devoirs, ces ardeurs extrêmes.

Dont pour moi sont remplis vos cœurs :

Vivez pour elles quand je meurs.

Plaignez de mon destin les funestes rigueurs, Sans leur donner en vous de nouvelles matières.

Ce sont mes volontés dernières;

Et Ton a reçu de tout temps Pour souveraines lois les ordres des mourants.

GLÉOMÉNE.

Princesse....

PSYCHÉ

Encore un coup, princes, vivez pour elles.

Tant que vous m'aimerez, vous devez m'obéir; Ne me réduisez pas à vouloir vous haïr.

Et vous regarder en rebelles

A force de m'étre fidèles.

Allez, laissez-moi seule expirer en ce lieu Où je n'ai plus de voix que pour vous dire adieu. Mais je sens qu'on m'enlève, et l'air m'ouvre une route D où vous n'entendrez plus cette mourante voix. Adieu, princes, adieu pour la dernière fois.

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