SCÈNE II
PSYCHÉ
Où suis-jc? et, dans un lieu que je croyais barbare (Quelle savante main a bâti ce palais ,
Que l'art, que la nature pare
De l'assemblage le plus rare
Que lœil puisse admirer jamais?
Tout rit, tout brille, tout éclate Dans ces jardins, dans ces appartements,
Dont les pompeux ameublements
N'ont rien qui n'enchaute et ne flatte; lit, de quelque cote que tournent mes frayeurs. Je ne vois sous mes pas que de 1 or ou des fleurs. Le ciel aiiroit-il fait cet amas de merveilles
Pour la demeure d'un serpent?
Et lorsque par leur vue il amuse et suspend De mon destin jaloux les rigueurs sans pareilles,
Veut-il montrer qu'il s'en repent?
Non, non, c'est de sa haine, en cruautés féconde.
Le plus noir, le plus rude trait , (^li, par une rigueur nouvelle et sans seconde,
K'étale ce choix qu'elle a fait
De ce qu a de plus beau le monde Qu'afin que je le quitte avec phis de regret.
Que son espoir est ridicule
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S'il croit par là soulager mes douleurs!
Tout autant de moments que ma mort se recule
Sont autant de nouveaux malheurs; Plus elle tarde , et plus de fois je meurs.
Ne me fais plus languir, viens prendre ta victime,
Monstre qui dois me déchirer. Veux-tu que je te cherche? et £aiut-il que j'anime
Tes fureurs à me dévorer?
Si le ciel veut ma mort, si ma vie est un crime , De ce peu qui m'en reste ose enfin t'emparer.
Je suis lasse de murmurer
Contre un chàtimeiit légitime;
Je suis lasse de soupirer:
Viens, que j'achève d'expirer.