‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 278 sur 285 · ACTE V, tiCÈ^E U. 46S · texte numérisé non relu

ACTE V, tiCÈ^E U. 46S

Ces qualités incomparables Qui de TuQ et de l'autre accompagooient les vcgqx Vous rendoieat tous deux trop aimables Pour mépriser aucun lies deux.

AGÉNOn.

Vous avez pu, sans être ÎJijuste ni cruelle, Nous refuser un cceur réservé pour un dieu.

Mais revoyez Vénns. ï.^ destin nous rappelle. Et nous force à vous dire adieu.

PSYCHÉ

Ne vous donne-t-il pas le loisir de me dire Quel est ici votre séjour?

CLÉOMÉNE.

Dans des bois toujours verts, où d'amour on respire,

Aussitôt qu'on est mort d'amour:

D'amour ou y revît, d'amour on y soupire.

Sous les plus douces lois de son heureux empire: Et léterneUe nuit n'ose en chasser le jour Que lui-même il attire Sur nos fantômes qu'il inspire, Et dont aux enfers même il se l'ait une cuiU'.

AGKNOIl.

Vos envieuses sœurs, après nous lipsceudues.

Pour vous perdre se sont perdues;

El l'une et l'autre toiir-à-tour, Pour le prix d'un conseil qui leur coûte la vii', A côtL'd Ixion, à côté deTiLyt-, Soulirenr, tantôt la roue, et tanrôt le vautour. Ij' Amour, p.irles Zéphyrs, s'est fait prompte justice De leur cnveniiuéo et jalouse milice ;

466 PSYCHÉ

Ces ministres ailés de son juste courroux, Sous couleur de les rendre encore auprès de vous, Ont plongé Tune et Fautre au fond d un précipice, Où le spectacle affreux de leurs corps déchirés IS'étale que le moindre et le premier supplice

De ces conseils dont l'artifice

Fait les maux dont vous soupirer.

PSYCHÉ

Que je les plains !

GLÉOMÈVE.

Vous êtes seule à plaindre.

Mais nous demeurons trop à vous entretenir; Adieu. Puissions-nous vivre en votre souvenir! Puissiez-vous , et bientôt^ n'avoir plu^ rieû à craindre! Puisse, et bientôt, TAmour vous enlevel:*aux cieux,

Vous y mettre à côté des dieux.

Et, rallumant un feu qui ne se puisse éteindre, Affranchir à jamais Féclàt de vos beaux yeux

D'augmenter le jour en ces lieux!

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