JUPITER, VÉNUS, LAMOUR, PSYCHÉ
éuaiioiiie.
l'amour.
Vous à qui seul tout est possible , l'ère des dieux, souverain des mortels, Fléchissez la rigueur d'une mère inflexible , Qui sans moi n'auroit point d'autels.
J'ai pleuré, j'ai prié, je soupire, menace,
Et perds menaces et soupirs.
Elle ne veut pas voir que de mes déplaisirs Dépend du monde entier l'heureuse on triste face.
474 PSYCHÉ
Et que si Psyché perd le jour, .
Si Psyché n est à moi^ je ne suis plus TAmour. Oui, je romprai mon arc, je briserai mes flèches,
J'éteindrai jusqu'à mon flambeau, Je laisserai languir la.nature au tombeau; Ou, si je daigne aux cœurs faire ^encor quelques brèches Avec ces pointes dW qui me font obéir.
Je vous blesserai tous 4à4iaut pour des mortelles ,
Et ne décocherai sur elles Que des traits émoussés qui forcent à hatr,
Et qui ne font que des rebelles,
Des ingrates, et des cruelles.
Par quelle tyrannique loi Tiendrai^je à \<hxs servir mes armes to^ouris prêtes. Et vous ferai-je à tous conquêtes sur conquêtes, Si vous me défendez d'en faire une pour moi?
JUPITER, à Vénus.
Ma fille, sois-lui moins sévère.
Tu tiens de sa Psyché le destin en tes mains; La Parque, au moindre mot, va suivre ta colère ; Parle, et laisse-toi vaincre aux tendresses de mère, Ou redoute un courroux «que moi-même je crains.
Veux-tu donner le iiBande en p^^oie A la haine, andésoi^di^e, à la oouftision; Et d'un dieu d'uosion ,
D'un dieu de d«yuceur et de joie, Faire un dieu d'amertume et de division?
Considère oe que nous sommes, Et si les passions doivent nous idominer:
Plus la vengeance a de quoi plaire aulc hommes,