‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 77 sur 285 · ACTE il, SCÈNE Vil. i3i · texte numérisé non relu

ACTE il, SCÈNE Vil. i3i

Il m'en auroit donné des si'iictcs nouvelles, )1 m'en auroit laissé quelques marques Bdoles: S'il me vouloit cacher le trouble où je le voi, I.a plus mauvaise excuse étoit bonue pour luoi. Mais pour toute réponse, il se tait, et me quille: lîi tu ne peux souffrir que mon cœur s\n irrite! Tu veux, lorsque lui-même ose se déclarer, t^ue je me flatte encor assez pour espérer!

C'est avec le perfide élri; d intelligence.

Sans me flatter eu vaiu , courous à la veugeancei faisons vuir ce qu'en moi peut le sang de Néron, Et que je suis de plus fille de Corbulon.

PLAUTISE.

Vous Têtes; mais enfin c'est n'être qu'une fille, (Jue le reste impuissant d'une illustre famille. Contre un tel empereur où prendiez-vous des bras^

DOMITIE.

Contre un tel empereur nous n'en manquerons pas.

S'il épouse sa reine, il est l'horreur de lîomc.

Trouvonsaiors.trnuvons un grand cœur, un grandhomt

In Romain qui réponde au sang de mes aïeux;

Et pour le révolter laisse faire à mes ven\.

•luge, par le pouvoir de ceux de Hérénice,

Si les miens auront peine à s en faire justice.

Si ceux-là forcent Tito à nie manquer de foi ,

Ceux-ci feront briser le ioii[; dnn nouveau roi ;

Kt si de l'univers les siens charment le maître.

Les miens charmeront ceux qui méritent de l'étie

Dis-le-moi, tu 1 as vue, ai-je peu de raison

Quand de mes veux aux siens je fiis comjiLuaison '

i34 TITE ET BÉRÉNICE.

Sans qu'un de vous descende au rang que je remplis.

Ce me doit être assez d'un de vos affranchis;

Et, si votre empereur suit les traces des autres,

Il suffit d'un tel sort pour relever les nôtres.

Mais changeons de discours, et me dites, seigneur.

Par quel ordre aujourd'hui vous m'offrez votre cœur.

Est-ce pour obliger ou Domitie ou Tite?

N'ose-t-il me quitter à moins que je le quitte?

Et peut-il à son rang si peu se confier

Qu'il veuille mon exemple à se justifier?

Me donne-t-il à vous alors qu'il m'abandonne?

DOMITIAN

Il vous respecte trop; c'est à vous qu'il me donne, Et me fait la justice, en m'enlevant mon bien, De vouloir que je tâche à m'enrichir du sien : Mais à peine il le veut, qu'il craint pour moi la haine Que Rome concevroit pour l'époux d'une reine. C'est à vous de juger d'où paît ce sentiment. • En vain par politique il fait ailleurs l'amant. Il s'y réduit en vain par grandeur de courage : A ces fausses clartés opposez quelque ombrage; Et je renonce au jour, s'il ne revient à vous , Pour peu que vous penchiez à le rendre jaloux.

BÉRÉNICE

Peut-être. Mais, seigneur, croyez-vous Bérénice D'un cœur à s'abaisser jusqu'à cet artifice, Jusques à mendier lâchement le retour l^e ce qu'un grand service a mérité d'amour?

DOMITIAN

Madame, sur ce point je n'ai rien à vous dire.

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