‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 113 sur 292 · ACTE III, SCÈNE IV. 2i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. 2i

Et portez dans leur camp )a première nouvelle De ce que vient de Êiire un amour si fidèle. Vous n'y hasardes vieil, s'ils respectent en vous, Comme nous l'espérons^ le nom démon époux; Mais je m'attirerois la dernière inÊimie^ S'ils brisoient malgré vous le saint nœud qui nous lie^ Et qu'ils pussent noircir de quelque indignité Mon trop de confiance en votre autorité. Si dès qu'ils paroitront vous n'êtes plus le maître , C'est d'eux qu'il faut savoir ce que je vous puis être; Et puisque La&lius doit entrer dès demain. ...

MASSlUnSSE.

Ah ! je n'ai pas reçu le cœur avec la main , Si votre amour....

SOPHONISBE

Seigneur, je parle avec franchise.

Vous m'avez épousée , et je vous suis acquise : Voyons si vous pourrez me garder plus d'un jour. Je me rends au pouvoir, et non pas à l'amour; Et, de quelque façon qu'à présent je vous nomme , Je ne suis point à vous , s'il faut aller à Rome.

MASSINISSE

A qui donc? à Syphax, madame?

SOPHONISBE

D'aujourd'hui, Puisqu'il porte des fers , je ne suis plus à lui. En dépit des Romains on voit que je vous aime ; Mais jusqu'à leur aveu je suis toute à moi-même ; Et pour obtenir plus que mon cœur et ma foi , Il faut m'obtenir d'eux aussi-bien que de moi.

3i6 SOPHONISBE.

Le nom d'époux suffît pour me tenir parole^ Pour me faire éviter l'aspect du Capitole : N'exigez rien de plus ; perdez (piel(pies moments Pour mettre en sûreté l'effet de vos serments : Afin que vos lauriers me sauvent du tonnerre, Allez aux dieux du ciel joindre ceux de la terre. Mais que nous veut Syphax que ce Romain conduit? '

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