‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 137 sur 292 · ACTE V, SCÈNfE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNfE II

Voilà ce qu'en vos mains j'ai charge de remettre.

SOPfiONISBE, Ht.

w II ne m'est pas pemiis de vivre votre époux ;

« Mais enfin je vous tiens parole , « Et vous éviterez l'aîspect du Gapitole,

(c Si vous êtes digne de vous.

» i< Ce poison que je vous envoie

ti En est la seule et tnste voie ; (c Et c'est tout ce que peut un déplorable roi,

« Pour dégager sa foi. »

Voilà de son amour une preuve assez ample. : Mais, s'il m'aimoit encore , il !me devait l'exemple : Plus esclave en son camp que je ne suis ici , Il devoit de son sort prendre même souci. Quel présent nuptial d'un époux à sa femme ! Qu'au jour d'un hyménée il lui marque de flamme? Reportez , Mézétulle , à votre illustre roi Un secours dotit lui-même a plus besoin qu<3 moi ; Il ne manquera pasi d'en faire un' digne usage Dès qu'il aura des yeux à voir son esclavage. Si tous les rois d'Afrique en sont toujours pourvus Pour dérober leur gloire aux malheurs imprévus. Comme eux et comme lui j'en dois être munie ; Et quand il me plaira de sortir de la vie , De montrer qu'une femme a plus de cœur que lui. On ne me verra point emprunter rien d'autrui. *

I Comment ae peat-il faire qu'une scène où un mari envoie du poison à sa femme, soit froide et comique? C'est que cette femme lui renvoie son poison après que ce poison lui a été pi^senté comme un message tout ordinaire; c'est qu'elle lui fait dire qu'il n'a qu'à

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