ACTE I, SCÈNE IV. Sgg
SPITRIDATE,
Ma sœur n'a qu'à parler, je m'en tiens sur par elle.
COTYS.
Seigneur, l'aimeroit-il ?
SPITRIDATE.
Il la trouve assez belle , Il en parle avec joie, et se plaît à la voir : Je tache d'aflFermir ces douces apparences;
Et si vous voulez tout savoir. Je pense avoir de quoi flatjter mes espérances.' Prençz-y part, seigneur, pour l'intérêt commun. Quand nous aurons tous deux Lysander pour beau-père , Ce roi s'allie à vous, s'il devient mon beau-frère; Et nous aurons ainsi deux appuis au lieu d'un.
COTYS.
Et Mandane y consent ?
SPITRIDATE.
\ Mandane est trop bien née Pour dédire un devoir qui la met sous ma loi.
COTYS.
Et vx)us ayez donné pour elle votre foi ?
SPITRIDATE.
Non, mais, à dire vrai, je la tiens pour donnée.
COTYS.
Ah ! ne la donnez point, seigneur, si vous m'aimez.
Ou si vous aimez Elpinice.
Mandane a tout mon cœur, mes yeux en sont charmés ; Et ce n'est qu'à ce prix que je vous rends justice,
SPITRIDATE.
Elpinice ne rend votre foi qu'à sa sœur,
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4oo AGÉSILAS.
Et ce n'est qu'à ce prix qu'elle-même se donne.
COTYS.
Hëlas I et si l'amour autrement en ordonne , Le moyen d'y forcer mon coeur ?
SPITRIDATS.
Rendez-vous-en le maître.
COTYS.
Et l'êtes-vous du vôtre ?
SPITRIDATE.
J'y ferai mon effort , si je vous parle en vain ; Et du moins ^/ si ma sœur vous dérobe à toute autre^ Je serai maître de ma main.
COTYS.'
Je ne le puis celer, qui que l'on me propose , Toute autre que Màndane est pour moi même chose.
SPITRIDATÏU
II vous est donc facile , et doit même être doux , Puisqu'enfin Elpinice aime un autre que vous,
De lui préférer qui vous aûiie ;
Et du moins vous auriez l'honneur.
Par un peu d'effort sur vous-même ,
De faire le commun bonheur.
COTYS.
Je ferois trois heureux qui m'empêchent de l'être I J'ose , f ose vous faire une plus juste loi ; Ou faites mon bonheur dont vous êtes le maître , Ou demeurez tous trois malheureux comme moi.
SPITRIDATK.
Eh bien ! épousez Elpinice;
Je renonce à tout mon bonheur,