ACTE II, SCÈNE VI. 4i
Ma ligue e^t déjà forte , et ta harangue est prête
A faire éclater la tempête^ Sitôt qu'il aura mis ma patience à bout : Si pourtant je voyois sa haine enfin bornée Ne mettre aucun obstacle à ce double hyménée , Je crois que je pourrois encore oublier tout. En perdant cet ingrat, je détruis mon ouvrage; Je vois dans sa grandeur le prix de mon courage^ Le fruit de mes travaux, l'effet de mon crédit. Un reste d'amitié tient mon âme en balance; Quand je veux le haïr je me fais violence p Et me force à regret à ce que je t'ai dit. Il faut^ il faut enfin qu'avec lui je m'explique.
Que j'en sache qui peut causer Cette haine si lâche , et qu'il rend si publique, Et fasse un digne effort à le désabuser.
GLEON.
Il n'appartient qu'à vous de former ces pensées;
Mais vous ne songez point avec quels sentiments Vos deux filles intéressées Apprendront de tels changements.
LYSANDER
Aglatide est d^humeur à rire de sa perte;
Son esprit enjoué ne s'ébranle de rien :
Pour l'autre, elle a de vrai l'âme un peu moins ouverte.
Mais elle n'eut jamais de vouloir que le mien.
Ainsi je me tiens sur de leur obéissance.