‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 248 sur 292 · ACTE II, SCÈNE VI. 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI. 4i

Ma ligue e^t déjà forte , et ta harangue est prête

A faire éclater la tempête^ Sitôt qu'il aura mis ma patience à bout : Si pourtant je voyois sa haine enfin bornée Ne mettre aucun obstacle à ce double hyménée , Je crois que je pourrois encore oublier tout. En perdant cet ingrat, je détruis mon ouvrage; Je vois dans sa grandeur le prix de mon courage^ Le fruit de mes travaux, l'effet de mon crédit. Un reste d'amitié tient mon âme en balance; Quand je veux le haïr je me fais violence p Et me force à regret à ce que je t'ai dit. Il faut^ il faut enfin qu'avec lui je m'explique.

Que j'en sache qui peut causer Cette haine si lâche , et qu'il rend si publique, Et fasse un digne effort à le désabuser.

GLEON.

Il n'appartient qu'à vous de former ces pensées;

Mais vous ne songez point avec quels sentiments Vos deux filles intéressées Apprendront de tels changements.

LYSANDER

Aglatide est d^humeur à rire de sa perte;

Son esprit enjoué ne s'ébranle de rien :

Pour l'autre, elle a de vrai l'âme un peu moins ouverte.

Mais elle n'eut jamais de vouloir que le mien.

Ainsi je me tiens sur de leur obéissance.

Page 1