ACTE m, SCÈNE IV
XÉNOCLES.
II est bien malaise qu'aux jreux de votre cour '
Il passe pour indifférence ; Et c'est l'en avouer assez ouvertement , Que refuser Mandane aux vœux d'un autre' amant. Mais qu'importe, après tout ? Si du plus grand courage Le vrai mérite a droit d'attendre* un' plein hommage,
Seroit-il honteux de l'aimer?
AGESILAS
Non, et même avec gloire on s'en laisse charmer ^ Mais un roi, que son tr6ne a d'autres soins engage.
Doit n'aimer qu'autant qu'il lui platt.
Et que de sa' grandeur y consent Fintérét.
Vois donc si ma peine est légère :
Sparte ne permet point aux fils d'une étrangère
De porter son sceptre en leur main; Cependant à mes yeux Mandane a su trop plaire ; Je veux cacher ma flamme, et je le veux en vain. Empêcher son hymen , c'est lui faire injustice ;
L'épouser, c'est blesser nos lois; Et même il n'est pas sûr que j'emporte son choix : La donner à Cotys, c'est me faire un supplice; M'opposer à ses vœux , c'est le joindre au parti Que déjà contre moi Lysander a pu faire ; Et s'il a le bonheur de ne lui pas déplaire , J'en recevrai peut-être un honteux démenti. Que ma confusion , que mon trouble est extrême !
Je me défends d'aimer, et j'aime; Et je sens tout mon cœur balancé nuit et jour
Entre l'orgueil du diadème
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Et les doux eapôirs de l'amour.
En qualité de roi^ j'ai pour ma gloire à craindre ;
En qualité d'amant , je vois mon 9on à plaindre :
Mon trône avec mes vœux ne souffre auoun accord;
Et ce que je me dois me rq>roche sans cesse Que je ne suis pas asae:( fort Pour triompher de ma foiblesse.
XXNOCLàs»
Toutefois, il est temps ou de tous déclarer^ Ou de c&ier l'objet qui tous &it soupirer.