SCÈNE IL
AGÉSILAS, SPITRIDATE, XÉNOCLÈS.
AGÉSILAS
AoLATiDE, seigneur^ a-t-<elle encor vos vœux?
SPITRIDATE.
Non, seigneur : mais enfin ils ne vont pas loin d'elle; Et sa sœur a fait naître une flamme nouvelle En la place des premiers feux.
AGESILAS
Elpinice?
SPITRIDATE.
Elle-même.
AGÉSILASl* .
Ainsi toujours pour gendre Vous vous donnez à Lysander ?
SPITRIDATE.
Seigneur, contre Famour peut^n bien se défendre? A peine attaque-t-il cpi'on brûle de se rendre. Le plus ferme courage e»t ravi de céder; Et j'ai trouvé ma foi plus facile à reprendre Que mon cœur à redemander.
AGESILAS
Si vous considériez. ...
46a AGESILAS.
SPITRIDATE.
Seigneur, que considère Un cœur d'un vrai mérite heureusement charmé? L'amour n'est plus amour sitôt qu'il délibère; Et vous le sauriez trop si vous aviez aimé.
AGESILAS.'
Seigneur, j'aimois à Sparte^ et j^aime dans Éphèse.
L'un et l'autre objet est charmant; Mais bien que l'un m'ait plu, bien que l'autre me plaise, Ma raison m'en a su défendre égaleoient.
SPITRIDATS.
La mienne suivroit mieux un plus commun exemple^ Si vous aimez, seigneur, ne vous refusez rien,. Ou souJBfrez que je vous contemple Comme un cœur au-dessus du mien.
Des climats différents la nature est diverse; La Grèce a des vertus qu'on ne voit point en Perse. Permettez qu'un Persan n'ose vous imiter. Que sur votre partage il craigne d'attenter , Qu'il se contente à moins de gloire, Et trouve en sa foiblesse un destin assez doux Pour ne point envier cette haute victoire. Que vous seul avez droit de remporter sur vous.
AGÉSILAS
Mais de moa enniemi rechercher l'alfiance !
SPITB.IDATK.
De votre ennemi !
AGESLIiAS»
Non , Lysander ne l'est pas :
Mais s'il faut vous le dire, il y court à grands pas.