‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 286 sur 292 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Wexîgez rien de plus d'un père.

Il a tenu toujours vos ordres à bonheur,.

Mais rendez-lui cette justice , De souffrir qu'il emporte au tombeau cet honneur, Qui fait l'unique prix de trente ans de service.

AGESILAS

Oui, vous l'y porterez , et du moins de ma part

Ce précieux honneur ne court aucun hasard.

On a votre parole,, et j'ai donné la mienne;

Et pour faire aujourd'hui que l'une et l'autre tienne.

Il faut vaincre un amour qui m'étoit aussi doux

Que votre gloire l'est pour vous.

Un amour dont l'espoir ne voyoit plus d'obstacle* Mais enfin il est beau de triompher de soi , ,

Et de s'accorder ce miracle , Quand on peut hautement donner à tous la loi, * Et que le juste soin de combler notre gloire Demande notre cœur pour dernière victoire. Un roi né pour l'éclat des grandes actions

Domte jusqu'à ses passions.

Et ne se croit point roi , s'il ne fait sur lui-même Le plus illustre essai de son pouvoir suprême.

'*' Voilà les vers qa'appUadÎMait sartont le P. Tonrnemine , détracteur de Racine et de Boileau , et dans lesquels il prétendait qu'on retrouvait le grand Corneille. Il faut Tavouer , le génie de Corneille parait quelquefois l'avoir abandonné; et Théodore, Perthar/te , CEHipe, Jgéailaa^ Tite et Bérénice , sont les ouvrages où Ton n'en retrouve que de bien faibles traces : mais Voltaire en a rabaissé beaucoup d'autres, auxquels on pourrait appliquer ce que Longin disait du sommeil d'Homère : a Ses rêves même ont quelque chose de divin \ « ce sont les rêves de Jupiter. » P.

474 AGÉSILAS

(àXënoclès.)

Allez dire à Cotys que Mandane est à lui; Que si mes feux aux siens ne l'ont pas accordée , Pour venger son amour de ce moment d'ennui^ Je yeux la lui céder comme il me Ta cédée. Oyez de plus.

( Il parle bas à Xénoclès qui »ort. )

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