‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 2)Chapitre 8 sur 45 · LE MORT A, LÉ MORT B · texte numérisé non relu

LE MORT A, LÉ MORT B

La scèDe se passe dans le cimetière de^ la paroisse de. . . , . . à un mètre 647 œilliinètres au-dessous de la surface du sol.

On vienjt d*enterrer un ancien militaire. Quelques invalides défilent en clopinant, et font une décharge de leurs fusib sur le lieu de la sépulture. Le dernier de la troupe, qui • b« plus que de coutume, laisse aller ses camarades, et se couche sur la place. C*est dans cette attitude , et l'oreille collée contre terre , qu,*il a occasion d'entendre la conversation suivante, que nous tiyons écrite le lendemain sous sa dictée.*

LE MORT A

Quel vacarme épouvantable ! Qiii Va là?. ;

LE MORT B. .V\ '

Excusez-moi, Monsieur, je ne veux d^ér^^er personne. '

LE JtfORT A. •

Quelle diable de façtaisie de venir en terre avec tant de fracas ! •

t,E MORT B.

Je présume, que les invalides du village auront I. 6

voulu honorer mon enterrement d'une fusillade.

LE MORT Â

Faites-vous fusiller tant qu'il vous plaira; mais, morbleu! de mon temps, quand on s'amusait , on prenait garde aux voisins.

LE MORT B

Ce n'est pas aux militaires à prendre garde:

échappe qui peut, on tire toujours. Je suis moimême tout criblé de leur hommage ;. des héiitiers n'auraient pas agi plus prudemment.

LE MOkT A.

Ah! mon dfeul mon dieu! je m'aperçoi* qu'une maudite balle a n^s en poussière mon os sacrum. Faudra-t-il ressnsciter estropié?

• LE MORT B

Mais, Monsieur, votre crainte est frivole. Tous les livres vous diront

J^ ]ïK)RT A.

Ah ! oui , fiez-vous aux lî'wes. J'espère ici en savoir plus qu'euxi Hé bien , M^nMeur^ je ne «ui^ encore sûr de rien : eijjtendez-vous ? je ne suis sûr de rien. .

LE MORT B

Moi , Monsieur, jeyoudrais l'être de la personne à qui j'ai l'honneur de parler. Le Son de votr^^voix me rappelle d'ancieraes idée^.

LE MORT .A

Tout en me fâchant , je faisais la n^iême réflexion.

Je ne serais point surpris que vous fussiez le fîis du seigneur de ce village , ce joli garçon que j'ai eu l'avantage de dresser aux belles-lettre , et <!fe fouetter quelquefois de mon vivsçnt le mieux qu'il m'était possible.

-LE MORT B

C'est moi- mâfne; il m'en souvient, mon cher maître.

LE MORT A

Gomment I M. le comte , vous dans- un cimetière de village ! vpus qui deviez fintt' par le mausolée , ou tout au moins par le caveau de famille !

LE MORT B

N'est-ce pas toujours finir?

LE MORT A

ft

Qppil de la morale! vous ave» donc essuyé de bien gran4s malheurs ? Dites-moi la vérité , foi de â^tilhomme.

LE 'MORT B

3'ai vécu trè^-loDÇuement , très-keureusement ; je suis arrivé i^ sans nx'eri apercevoir, et^ foî de gentilhomoie , je ne m'y trouve pas mal pour un mort.

-* • LE MORT A

Ah! vo«s en parlez ainsi par boàtç d'ame, vous craignez d'en dégoûter les autres.

LE MORT B."

Que j'aie sur l'estomac cent pieds de ferre de plus , si je déguise rien ! ^ , '^

LE MORT A

Cependant, quand je vins m'établir ici, vous étiez officier de hussards, et, quoique dans ce corps on fasse du chemin , ce n'e^t pas ordinairement du côté de la philosophie.

LE MORT B

Aussi n'ai-je pas vieilli dans les armes. La guerre développe sans doute de grandes vertus, mais l'intrigue n'y fait pas mal ses afifaires. J'y ai vu souvent les plus hraves éclipsés par des charlatans de courage , qui dérobaient la gloire en vrais filous : c'est ce qui m'arriva. Je puis dire qu'à la bataille de Fontenoy je tine galamment mon poste; mais les témoins de mes exploits furent tués; je fus moi-même blessé dangereusement , et oublié dans un hôpital. Un de mes camarades eut une tactique différente ;

il se montra partout, il devança toujours le péril d'une demi-lieue, et il eut quatre chevaux tués soÛ6 lui et par lui. Il méritait sans contestation le prix de la. course ; il eut celui de la valeui> et le régiment qui mîétait dû lui fut donné.

LE MORT A

Il courut sans doute les antichambres aussi bien que le champ de bataille?

LE MORT B

Je ne sais; mais, aussitôt que je fus rétabli, je

volai à Metz où était le roi, pour réclamer contre

' une si horrible injustice. J'y vérifiai pendant un

raois la fausseté de la maxime évangélique : Frappez, et Von vous oui^rlra; car, j'eus beau happer en hussard , toutes les portes me furent fermées , enfin, pour un prix honnête, j'eus accès auprès d'une belle dame , qui comptait alors le sceptre de la France parmi les hochets dont elle s'amusait*

LJ5 MORT A

Vous eûtes là une bonne occasion d'attraper le coureur : joli homme comme vous étiez *

LE MORT B

La dame avait bien autre chose à voir, a On m'a if parlé de vous, dit-elle sans me regarder; j'ai dis- « posé de tous les régimens , n'y songez plus. Mais a soyez abbé , et je vous fais évêque. » Je fis un saut en arrière, et la dame ajouta : «Ne vous effrayez « pas; il ne faudra» pas plus de temps pour cela que « pour peigner mon épagneul. Nous avons gardé a à nos amis le moule où fut jeté le cardinal Dubois.» Elle m'expliqua ensuite ses conditions dans un style clair et méthodique , et me congédia en me disant : (( Si cela vous Gonviept , ,re¥encz après demain ; aucctrement, j'espère que nous ne nous r^verrons «pas.»' '^'

m MORT A.

Ah ! ah ! >( ExclamatioD de surprise. )

LE MORT B

Je Sortis tomt pensif. Ce qu'exigeait de moi la favorite était une véritable bassesse qu'on pouvait,

en termes de cour^ appeler imê compluisance bien conditionnée. Pavais , à la vérité , pour m*y décider, l'etiiaiple des plus grands personnages ; mais la fierté de mon ame me retenait. La m#uche qui voltige autour d'une balance en équilibre peut la faire tomber du côté où elle se pose. J'étais cette balance, et le plus misérable incident fixa mon choix : j'envoyai ma démission , et me retirai dans mes terres , ea répétant le proyerbe anglais : Celui qui mange les oiçs du roi sera étouffé par les plumes.

LB MORT A

J'ai eu \bl discrétion dç ne pas vous demander l^s conditions de la favorite; mais je souhaiterais bien connaître l'incident qui amena un si noble dénouement. *

LE MORT. B

J'Mr^s honte de vdns le dire : ^est une folie; Bine puérilité.

LE MORT A

Ne sais-'je pas que les homjpri^-eoptiaits ainsi? Jls qvnent à tirer une sage Àeçon de l'idée la plus burlesqut. Les proverbes n'ont pas d'autre origine.

LE ifoçi' Il

Vous me décideriez » si *je. ne 'Craignais d'abt|fter de votre patience.

, LE MORT A

Voilà un beau scrupàlepour des gens qui doivent

passer ensemble une éternité. D'ailleurs (i), un mort qui tue le temps ne prend que sa revandie.

LE MORT B

Puisque vous le voulez , il faut vous satisfaire. Je sortis tout pensif; comma^ je vcms Tai dit , de ckez la courtisane régnante, et j'allai promoner mes perplexités sur lès remparts de Metz. Je fiis abordé par un pauvre qui me demanda l'aumône. En lui donnant quelque monnaie j je remarquai sur son visage une douceur extrême et un sentiment de honte tout particulier ; je l'interrogeai sur les causes d'une misère pour laquelle ii ne semblait pas né. a Hélas ! Monsieur, me répondit-il , vous allez vous « moquer de moi. C'est le comble de Tinfortune a d'avoir à se plaindre d'un malheur ridicule , et c( c'est le cas où je me trouve. » Il prononça ces mots avec l'accent d'une douleur si profonde, que je cherchai une larme dans ses yeux ; ils étaient secs , et je Fen plaignis davantage : mais ma cui*iositë étant vi^ment excitée , je le pi*Qssai de continuer;

(1) Le devoir d'historien ' m'a forc4 de conserver cette mauvaise plai«anterie ; mais il roe reste ua moyen de la rendre utile, c'est d'en faire ju^ice. Quand on voit un^ave précepteur laisser encore échapper un misérable quolibet soixante ans après sa mort, quel vivant ne^oit paso^aindre de contracter une habitude aussi tenace? Tel crojt innoceminent jouer avec àes mots, qui se prépare pour ce monde et pour l'autre des ridicules immortels. Note de V invalide.

il s'assit sur Taffùt d'un canon , et me parla en ces

termes (i) :

a J'étais barbier à Lunéyille , et , naturellement ambitieux , je cherchais tout ce qui pouvait illustrer mon rasoir. Je m'étais faufilé au château, et j'avais eu la gloire d'y raser M. de Voltaire sans le couper, ce qui n'était pas un petit mérite; car je n'ai jamais connu de barbe plus difficile, ni de tête plus remuante : mais ces succès pftssagers ne me suffisaient pas , et j'aspirais dans mon conir à la pratique du père M enou , jésuite , et confesseur du roi Stanislas. J'avais remarqué que le jeune Thomas, l'un des aides-de-camp du cuisinier en chef, avait coutume de servir la table du révérend , et quelquefois était admis à sa toilette. Je l'avais donc prié d'offrir mes services au père Menou , et lui avais promis de le raser lut-pnéme par-dessus le marché quand son temps serait venu. Vous voyez que je n'étais pas novice à Ja cour.

« Cependant les choses en restaient là , lorsqu'un jour je rencgiitrai Thomas devant l'office. Le pauvre enfent était* tout en pleujrs, et me saisit le brttô en s'écriant : Ah ! ,M. le barbier, ayez

(i) L'événement burlesque dont il s'agit a réellem^t eu lieu , eit f >^6i, à la cour de Lunéville , avec les circonstances que va raconter le mendiant. Il faut néanmoins en excepter l'intervention du jésuite Menou , qui est tout ^tière de son invention. Note du secrétaire de Vinvalide,

DIALCXÎUE. 89

pitié de moi ! je miis perdu ! — Qu'y a-t-il donc , mon ami? — Le chef m'a remis un cochon de lait à éckauder ; il est écrit sur l'état du dîner, il doit paraître devant le roi : je suis perdu ! — Hé bien , mon ami y il faut l'échauder. *— Impossible , M. le barbier; je l'ai par mégarde laissé dans l'eau bouillante 9 où il s'est tellement crispé , que je n'en puis détacher un poil : sans. votre secours, je suis perdu. — Que puis-je donc faire pour vous ?

— Si vous vouliez seulement raser — Qui ?

— Mon cochon de lait. — Y pensez-vous ! déshonorer mon rasoir! — Prenez ces vingt-quatre sous, et, quand vous aurez fini ,. je vous conduirai chez le père Menou. •— Cette promesse m'aveugla : j'avais les vingt-quatre sous dans la main; l'avarice et l'ambition m'assiégèrent à la fois, et j'entrai dans l'office. Thomas apporta le patient; nous fermâmes la porte, et je me mis à l'ouvrage. Le linge , le plat , la savonnette aux herbes , la trousse déployée, rien ne fut omis. Je fis des mterveilles; et je puis vous assurer que jamais pratique n'était sortie de mes mains plus fraîche et plus nette.

a Celui-ci expédié , Thomas me conduisit chez le confesseur du roi. Il fallait que ce petit garçon fut bien sûr de son crédit, car il mintroduisit sans difficulté, et me mit en possession de la tête du révérend père. Mon rasoir étîiit en train, ma

go DIAIjOGUE.

main voltigeait , et j'eus k satisfaction de me tirer du jésuite ausei bien que dti goret. On me donna ' ordre de revenir^ et je rentrai chez moi triom"* phant. Ma fitfnme crut qiie j'allais perdre la téte^ tant j'étais «nflé de joie et -d'orgueil.

(c O vanité des- grandmir^ humaines ! tandis que je rêvais des projetai de., fortune, ma ruine s'avançait à grande pas. Le cuisinier, en mettant le cochon de la^t à la broche, s'aperçut qu'il n'avait pas subi les préparations ordinaires. Thomas interrogé balbutia; Thouas menaaé avoua tout, et fut condamné par les grands officiers de la bouche à six francs d'amende et huit jours de prison. Le cochon de lait ne fat pas servi ; mais on en dédommagea le$ convives par le récit de sa toilette. Le roi ùt beaucoup , et quand un roi a id, le dernier faquin de son royaume se croit obligé d'«n faire autant; en sorte qu'a^nt le coucher du soleil , j'étais déjà la feble de toute la ville.

« Dès le lendemain, on ne me nommait plus que le barbier desjr gorets. Les enfaos attroupés à ma porté escortaient mes pratiques en grognant autour jd'elîes, fi^n! honl houinl Toutes me sacrifièrent à ce ridicule, et il n'est pas jusqu'à deux rats ile cave qui eurent la fatuité de se croire humiliés du p%i*allèle. Le père Meoou me chassa aussi; mais je lui pardonnai, parce qu'il

DIAI^OGUE. 9?

était jésuite, et confiisseur du rei. Bref, je fus abîmé , ruiné , et je quittai UBe ville barbare , cm ma misèi*e n'avait d'autre secours à attendre qu'une cruelle moquerie.* Le malheur me poursuivit à Metz ; j'y tombai malade de chagrin , et il m'en est resté un tremblement dé nerft qui m'is*** terdit le rasoir. Ma femme est devenue paralytique 9 et ma fille , au contraire , court après un gendarme qui court après une lieutenants. Voilà comment une ;seule compiMsance ambitieuse de ma part a perdu toute une honnête famille.- Ah! mon bon Monsieur, j'ignore qui vou$ élÉs ; mais , quoi qu'il arrive^ ne rases jamais de cochMi de lait.» ,

Le mendiant cessa de parler. Je n'ai pu savoir si j'avais ri ou pleuré de son récit y tant l'attention que j'y avais portée m'avait absorbé; et quand il le termina par ces paroles : IVe. rasez jamais de cochon «/# lait , je m'écriai involontairanent : Nùn^je nem raserai pas ^îe lui jetai un écu pour sa leçon , et m'ebfuisYougissant de moimême.

LE MORT A

Je vous voi» d'ici ôiduter en voiture , arriver à votre château , et faire d^ belles résoluf^ns qui ne durèrent pas. . . \

LE MORT B. ' '

Au contraire y dles furent inébranlables. Mes

amis tentèrent souvent de me ramener à la poursuite des honneiu*s. Mafe, à chaque démarche qu'ils lue proposaient ^ l'histoire du barbier venait à mon secours ^ et je leur disais : Non j je ne veux pas raser de cochon de lait ; car, voyez-vous , tout solliciteur en rase un peu^ ou est prêt à le faire.

LE Moivr A.

Gomment! vous avez persisté jusqifau bout?

Voilà qui est bien étrange.

LE. MORT B

Oui , j'ai eu la manie de ne me lasser ni de Tindépendance ^ ni du bonheur, et de faire d'une vie de quatre-vingt-onze |ins un rêve délicieux. J'ai toujours manqué à la fortune, jamais à la bonté ni à la probité. Pai constamment voulu du bien aux hon^mes , et je leur en ai fait quand je l'ai puj je leur ai même laissé la permission d'être ingrats , et ne • me suis réservé que celle de me moquer quelquefois d'eux.

LE MORT A

Mais la patiie? mais vos talens ?

LE MORT B

Gompliment d'usage. Je n'ai connu personne dont le mon(}e n'eût fort bien pu se passer.

LE MORT A

Gette philosophie pourrait bien aussi n'être que le déguisement de la paresse. Rien n'est si

commun que d'ériger sa faiblesse en système , et de mettre ses goûts sur le compte de sa raison. Chaque homme a dans lui une incKnation secrète qui le mène à son insu; et je veux, à ce propo», vous conter à mon tour une histoire de ma jeunesse.

Je quittai le séminaire pour le pavé de Paris, avec l'intention de réparer le temps perdu. J'étais d'une figure passable , et n'avais point alors l'os saerum en poussière. Je fis agréer mon pressant amour à- une brune piquante qui sortait de fort bonne maison. C'était la fille de la loueuse de chaises de Saint-Sulpice. Malgré une origine si chrétienne, la demoiselle trouva doux de me donner un coadjuteur, et tùoi j'eus le bonteur ou le malheur de surprendre les déhnquans.

Mon rival était un brave armé jusqu'aux dents, et je ne pus rosser personne. Ma colère, privée de sou soulagement naturel, exerça sur moimême une réaction funeste , et je résolus de me donner la mort. Après avoir délibéré sur la manière dont je m'y prendrais, j'arrêtai dans ma tête que j'irais me noyer, non pas au bord, au quart, ou au tiers de la rivière, mais au juste milieu , pour être plus sûr de mon fait. Arrivé à ce calme terrible qui est la perfection du désespoir, je mis paisiblement ordre a mes affaires ; je laissai sur ma. table l'état de mes dettes, 'et la

lettre d'usage pour le lieutenant de police ^ et je m'acheminai vers le quai du Louvre. Je choisis le plus vieux batelier pour le Caron qui devait me passor ; je le payai d^avance , de peur que le juif ne fi^ tenté de me repêcher comme son débiteur, et me voilà $ur Teau^ debout dans la nacelle, épiant de l'œil la place que j'avais désignée pour ma disparition. Quelle fut ma surprise lorsque ie me vis à l'autre bord de la rivière, dont je cEerchai$ encore Id milieu l Piqué de mon étonrderie , je fis retourner le batelier. J'étais de la meilleure foi du monde , et je £s cependant deux fois enccNpe la même erreur, tant^ mes yeux étaient obstinés à ne pas voir oe ^ui étAit pourtant bien visible, hamé êe ce manège , |e sautai à terre. Le sol que je touchai^ dissipa tout à coup mon ivresse } je me crus é<^ppé du Cocy te ; je ris de ma sottise, et je pris le méipe jour une maitreaie que ^je n aimais pas , mais qui m'amusait beaucoup. Que concUire de tout ceci?

c'est qu'au fond j'aimais la vie Qpmme vous ainwz. le repos, çt,jque vous voyiez partout du cochon de lait à cfiser, par la même raison que je lie voyais Jiufle ipart lé milieu de la Seinç pour me ppyer. •

* LE MORT B

Vous pourriez bien avoir raison. Maiis en voilà assez pouv cette fois. Faisons un léger somme de

quelques siècles, et nous reprendrons ensuite l'entretien.

LE MORT A

Un mot auparavant. N'étiez-vous pas ici-dessus seigneur haut justicier ? ^

LE MORT B

Sans doute j et ce cimetière est de ma directe.

LE MOUT A

La haute justice s'étend-cUe au très'fbfid^ aux entrailles de la terre ?

LE MORT B

Jusqu'aux antipodes , si on y perçait.

LE MœiT A.

En ce cas, bonne nuit, Monseigneur.

%Ti MORT B.

Bonne nuit^ railleur.

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