‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 132 sur 766 · a jugé trop grand pour ne pas s'en punir · texte numérisé non relu

a jugé trop grand pour ne pas s'en punir

A peine du palais il a pu revenir,

Que, les yeux égarés, et le regard farouche,

Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche,

Il déteste sa vie et ce complot maudit,

M'en apprend l'ordre entier tel que je vous l'ai dit;

Et m'ayant commandé que je vous avertisse,

Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice,

« Que je n'ignore point ce que j'ai mérité. »

Puis soudain dans le Tibre il s'est précipité ;

Et l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noire,

M'ont dérobé la lin de sa tragique histoire.

AUGUSTE

Sous ce pressant remords il a trop succombé, Il s'est à mes bontés lui-même dérobé ; Il n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface. Mais puisqu'il a voulu renoncer à ma grâce, Allez pourvoir au reste, et faites qu'on ait soin De tenir en lieu sur ce fidèle témoin.

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