‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 167 sur 766 · GARDES · texte numérisé non relu

GARDES

PAULINE

Mais quel dessein en ce lieu vous amène, Sévère ? aurait -on cru qu'un cœur si généreux Put venir jusqu'ici braver un malheureux?

Vous traitez mal, Pauline, un si rare mérite ; A ma seule prière il rend cette visite.

Je vous ai fait, seigneur, une incivilité, Que vous pardonnerez à ma captivité.

Possesseur d'un trésor dont je n'étais pas digne Souffrez avant ma mort que je vous le résigne, Et laisse la vertu la plus rare à nos yeux Qu'une femme jamais put recevoir des cieux Aux mains du plus vaillant et du plus honnête hom- Qu'ait adoré la terre et qu'ait vu naître Rome, [me Vous êtes digne d'elle, elle est digne de vous ; Ne la refusez pas de la main d'un époux : S'il vous a désunis, sa mort vous va rejoindre. Qu'un feu jadis si beau n'en devienne pas moindre ; Rendez-lui votre cœur, et recevez sa foi : Vivez heureux ensemble, et mourez comme moi ; C'est le bien qu'à tous deux Polyeucte désire.

Qu'on me mène à la mort, je n'ai plus rien à dire. Allons, gardes, c'est fait.

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