‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 229 sur 766 · GÉRONTE, DORANTE, CL1TON · texte numérisé non relu

GÉRONTE, DORANTE, CL1TON

GÉRONTE

Dorante, arrêtons-nous ; le trop de promenade Me mettrait hors d'haleine, et me ferait malade. Que l'ordre estrareetbeau de ces grands bâtiments !

DORANTE

Paris semble à mes yeux un pays de romans. J'y croyais ce matin voir une île. enchantée : Je la laissai déserte, et la trouve habitée ; Quelque Amphion nouveau, sans l'aide de maçons, En superbes palais a changé ses buissons.

GÉRONTE

Paris voit tous les jours de ces métamorphoses : Dans tout le Pré aux Clercs tu verras mêmes choses ; Et l'univers entier ne peut rien voir d'égal Aux superbes dehors du palais Cardinal.

Toute une ville entière, avec pompe bâtie, Semble d'un vieux fossé par miracle sortie, Et nous fait présumer, à ses superbes toits, Que tous ses habitants sont des dieux ou des rois. Mais changeons de discours. Tu sais combien je dorante. [t'aime?

Je chéris cet honneur bien plus que le jour même.

GÉRONTE

Comme de mon hymen il n'est sorti que toi, Et que je te vois prendre un périlleux emploi, Où l'ardeur pour la gloire à tout oser convie, Et force à tout moment de négliger la vie, Avant qu'aucun malheur te puisse être avenu, Pour te faire marcher un peu plus retenu, Je te veux marier.

DORANTE, à part.

O ma chère Lucrèce !

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