‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 233 sur 766 · DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE · texte numérisé non relu

DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE

PHILISTE

Oui, vous faisiez tous deux en hommes de courage, Et n'aviez l'un ni l'autre aucun désavantage. Je rends grâces au ciel de ce qu'il a permis Que je sois survenu pour vous refaire amis, Et que, la chose égale, ainsi je vous sépare : Mon heur en est extrême, et l'aventure rare.

DORANTE

L'aventure est encor bien plus rare pour moi, Qui lui faisais raison sans avoir su de quoi. Mais, Alcippe, à présent tirez-moi hors de peine. Quel sujet aviez-vous de colère ou de haine ? Quelque mauvais rapport m'aurait-il pu noircir ? Dites, que devant lui je vous puisse éclaircir.

ALCIPPE

Vous le savez assez.

DORANTE

Plus je me considère, Moins je découvre en moi ce qui vous peut déplaire.

ALCIPPE

Eh bien ! puisqu'il vous faut parler plus clairement, Depuis plus de deux ans j'aime secrètement;

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