I . Vovez le Menteur, acte m, scène iv
Il, ACTE V, SCENE 1.
Enfin nous voyons clair à ce que nous faisons, Et je puis à loisir te conter mes raisons.
LVSE.
Tes raisons? c'est-à-dire autant d'extravagances.
CLITON
Tu me connais déjà !
LYSE-
Bien mieux que tu ne penses.
CLITON
J'en débite beaucoup.
LYSE
Tu sais les prodiguer.
CLITON
Mais sais-tu que l'amour me fait extravaguer?
LYSE
En tiens-tu donc pour moi?
CLITON
J'en tiens, je le confesse.
LVSE.
Autant comme ton maître en tient pour ma maicltton. [tresse ?
Non pas encor si fort, mais dès ce même instant Il ne tiendra qu'à toi que je n'en tienne autant : Tu n'as qu'à l'imiter pour être autant aimée.
LYSE
Si son âme est en feu, la mienne est enflammée ; Et je crois jusqu'ici ne l'imiter pas mal.
Tu manques, à vrai dire, encore au principal
LYSE
Ton secret est obscur.
CLITON
Tu ne veux pas l'entendre ?
Vois quelle est sa méthode, et tâche de la prendre. Ses attraits tout puissants ont des avant-coureurs Encor plus souverains à lui gagner les cœurs : Mon maître se rendit à ton premier message. Ce n'est pas qu'en effet je n'aime ton visage ; [vains Mais l'amour aujourd'hui dans les cœurs les plus Entre moins par les yeux qu'il ne fait par les mains; Et quand l'objet aimé voit les siennes garnies, Il voit en l'autre objet des grâces infinies : Pourrais-tu te résoudre à m'attaquer ainsi ?
LYSE
J'en voudrais être quitte à moins d'un grand merci.
CLITON
Écoute ; je n'ai pas une âme intéressée, Et je te veux ouvrir le fond de ma pensée, [gueur; Aimons-nous but à but, sans soupçons, sans ri- Donnons âme pour âme, et rendons cœur pour cœur.
LYSE
J'en veux bien à ce prix.
CLITON
Donc, sans plus de langage, Tu veux bien m'en donner quelques baisers pour
[gage ?