‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 351 sur 766 · PHOCAS, PULCHÉRIE, HÉRACLIUS, CRISPE · texte numérisé non relu

PHOCAS, PULCHÉRIE, HÉRACLIUS, CRISPE

(En ces deux scènes, Héraclius passe pour Marlian , el Marlian pour Léonce ; Héraclius se connaît, mais Marlian ne se connaîi pas.)

PHOCAS, à Pulchérie.

Dis, si tu veux encor, que ton cœur le souhaite.

(à Héraclius.) Approche, Martian, que je te le répète : Cette ingrate furie, après tant de mépris, Conspire encor la perle et du père et du fils : Elle-même a semé cette erreur populaire D'un faux Héraclius qu'elle accepte pour frère ; Mais quoi qu'à ces mutins elle puisse imposer, Demain ils la verront mourir, ou t'épouser.

HÉRACLIUS

Seigneur. . .

PHOCAS

Garde sur toi d'attirer ma colère.

HÉRACLIUS

Dussé-je mal user de cet amour de père, Étant ce que je suis, je me dois quelque effort Pour vous dire, seigneur, que c'est vous faire tort, Et que c'est trop montrer d'injuste défiance De ne pouvoir régner que par son alliance : Sans prendre un nouveau droit du nom de son époux, Ma naissance suffit pour régner après vous. T'ai du cœur, et tiendrais l'empire même infâme S'il fallait le tenir de la main d'une femme.

PHOCAS

Eh bien ! elle mourra, tu n'en as pas besoin.

héraclius. [soin.

De vous-même , seigneur, daignez mieux prendre Le peuple aime Maurice ; en perdre ce qui reste Nous rendrait ce tumulte au dernier point funeste. Au nom d'Héraclius à demi soulevé, Vous verriez par sa mort le désordre achevé. Il vaut mieux la priver du rang qu'elle rejette, Faire régner une autre, et la laisser sujette ; Et d'un parti plus bas punissant son orgueil...

PHOCAS

Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil, A ce fils supposé, dont il me faut défendre, Tu parles d'ajouter un véritable gendre !

HÉRACLTUS.

Seigneur, j'ai des amis chez qui cette moitié...

PHOCAS

A l'épreuve d'un sceptre il n'est point d'amitié, Point qui ne s'éblouisse à l'éclat de sa pompe, Point qu'après son hymen sa haine ne corrompe. Elle mourra, te dis-je.

PULCHÉRIE, à Héraclius.

Ah ! ne m'empêchez pas De rejoindre les miens par un heureux trépas. La vapeur de mon sang ira grossir la foudre

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