N, ACTE IV, SCÈNE I
Mais il aspire au trône, et ce n'est pas au mien ; Il me préfère une autre, et cette préférence Forme de son respect la trompeuse apparence : Faux respect qui me brave, et veut régner sans moi.
BLANCHE
Pour aimer done Elvire, il n'est pas encor roi.
D, ISABELLE
Elle est reine, et peut tout sur l'esprit de sa mère.
BLANCHE
Si ce n'est un faux bruit, le ciel lui rend un frère. Don Sanche n'est point mort, et vient ici, dit-ou, Avec les députés qu'on attend d'Aragon; C'est ce qu'en arrivant leurs gens ont fait entendre.
D. ISABELLE
Blanche, s'il est ainsi, que d'heur j'en dois attendre! L'injustice du ciel, faute d'autres objets, Me forçait d'abaisser mes yeux sur mes sujets, Ne voyant point de prince égal à ma naissance Qui ne fut sous l'hymen, ouMaure, ou dansl'enfanee. Mais, s'il lui rend un frère, il m'envoie un époux. Comtes , je n'ai plus d'yeux pour Carlos ni pour Et, devenant par là reine de ma rivale, [vous; J'aurai droit d'empêcher qu'elle ne se ravale ; Et ne souffrirai pas qu'elle ait plus de bonheur Que ne m'en ont permis ces tristes lois d'honneur.
BLANCHE
La belle occasion que votre jalousie,
Douteuse encor qu'elle est, a promptement saisie !
D. ISABELLE
Allons l'examiner, Blanche; et tâchons de voir Quelle juste espérance on peut en concevoir.