‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 446 sur 766 · NICOMËDE, ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

NICOMËDE, ACTE IV, SCÈNE II

Retenez des soupirs dont vous me percez l'âme. Quel besoin d'accabler mon cœur de vos douleurs, Quand vous y pouvez tout sansle secours des pleurs? Quel besoin que ces pleurs prennent votre défense ? Douté-je de son crime ou de votre innocence? Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit Par quelque impression ébranle mon esprit ?

ARSINOÉ

Ah ! seigneur, est-il rien qui répare l'injure Que fait à l'innocence un moment d'imposture ? Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté ? Il en reste toujours quelque indigne mémoire Qui porte une souillure à la plus haute gloire. Combien eu votre cour est-il de médisants ? Combien le prince a-t-il d'aveugles partisans, Qui, sachant une fois qu'on m'a calomniée, Croiront que votre amour m'a seul justifiée? Et si la moindre tache en demeure à mon nom, Si le moindre du peuple en conserve un soupçon, Suis-je digne de vous? et de telles alarmes Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes ?

PRUSIAS

Ah! c'est trop de scrupule , et trop mal présumer D'un mari qui vous aime , et qui vous doit aimer. La gloire est plus solide après la calomnie, l£t brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie. Mais voici Nicomède , et je veux qu'aujourd'hui. . .

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