‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 459 sur 766 · ABS1N0É · texte numérisé non relu

ABS1N0É

Attale, prenez-vous plaisir à m'alarmer ?

ATTALE

Ne vous flattez point tant que de le présumer. Le malheureux Araspe, avec sa faible escorte, L'avait déjà conduit à cette fausse porte ; L'ambassadeur de Rome était déjà passé, Quand, dans le sein d' Araspe, un poignard enfoncé Le jette aux pieds du prince. Il s'écrie ; et sa suite, De peur d'un pareil sort, prend aussitôt la fuite.

ARSINOÉ

Et qui dans cette porte a pu le poignarder ?

Dix ou douze soldats qui semblaient la garder. Et ce prince....

ARSINOÉ

Ah,monfiIs! qu'il est partout de traîtres! Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres! Mais de qui savez-vous un désastre si grand ?

ATTALE

Des compagnons d' Araspe, et d' Araspe mourant. Mais écoutez encor ce qui me désespère.

J'ai couru me ranger auprès du roi mon père ; Il n'en était plus temps : ce monarque étonné A ses frayeurs déjà s'était abandonné, Avait pris un esquif pour tâcher de rejoindre Ce Romain dont l'effroi peut-être n'est pas moindre.

Page 1