‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 50 sur 766 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

D. D1ÈGUE, D. ROGRIGUE.

D. DIÈGUE

Rodrigue, as-tu du cœur ?

D. RODRIGUE

Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure.

D. DIÈGUE

Agréable colère !

Digne ressentiment à ma douleur bien doux ! Je reconnais mon sang à ce noble courroux ; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma Viens me venger. [honte;

D. RODRIGUE

De quoi ?

D. DIÈGUE

D'un affront si cruel , Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel ; D'un soufflet. L'insolent en eût perdu la vie ; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie ; Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir, Je le remets au tien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton courage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage ; Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne te point flatter, Je te donne à combattre un homme à redouter ; Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière, Porter partout l'effroi dans une armée entière. J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus ; Et pour t'en dire encor quelque chose de plus, Plus que brave soldat, plus que grand capitaine, C'est....

D. RODRIGUE

De grâce, achevez.

D. DIÈGUE

Le père de Chimène.

D. RODRIGUE

Le...

D. DIÈGUE

Ne réplique point, je connais ton amour : Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour ; Plus l'offenseur est cher, et plusgrande est l'offense. Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance : Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range, levais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

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