‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 531 sur 766 · TIRCIS · texte numérisé non relu

TIRCIS

Alors ne pense pas que j'épouse un visage. Je règle mes désirs suivant mon intérêt. Si Doris me voulait, toute laide qu'elle est, Je l'estimerais plus qu'Aminte et qu'Hippolyte ; Son revenu chez moi tiendrait lieu de mérite: C'est comme il faut aimer. L'abondance des biens Pour l'amour conjugal a de puissants liens. La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine, Échauffent bien le cœur, mais non pas la cuisine.

Blessé de cette réplique , Éraste défie le rebelle de se trouver en présence de Mélite sans en devenir épris. Mélite paraît; questionné par Eraste, Tircis se reconnaît subjugué.

Cloris, sœur de Tircis, et Philandre son amant, entrent en scène. Fatiguée de ses flatteries, Cloris lui dit :

Ne m'en conte point tant de ma perfection. Tu dois être assuré de mon affection; El tu perds tout l'effort de la galanterie, Si tu crois l'augmenter par une flatterie : Une fausse louange est un blâme secret

Tircis vient : il avoue à sa sœur que son cœur est pris , sans nommer celle qui le possède.

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