PHYLIS
Craignez-vous qu'à vos feux ma flamme ne réponde, Et puis-je vous haïr, si j'aime tout le monde?
Après l'avoir un peu lutine , elle finit par lui dire qu'elle dépend de ses parents, et à sa question sur leurs intentions à son égard répond seulement :
Le monde vous croit riche, et mps parents sont vieux.
Alidor arrive; mais les deux nouveaux amants le laissent pour aller rassurer les parents de Phylis. — Surpris de ce qu'il voit, et touché du tendre empressement qu'a montré Angélique, il se décide à se rattacher à son char
Doraste paraît , suivi de son valet Lycante ; il jure de se venger de Cléandre. Sa sœur, qu'il ne sait point être en liberté, vient le détromper sur les intentions de Cléandre , qui un moment après leur annonce lui-même que leurs parents lui accordent la main de Phylis. Doraste reproche à Angélique son manque de foi, et lui dit qu'il renonce à l'épouser.
ANGÉLIQUE
Un cloître désormais bornera mes desseins ; C'est là que je prendrai des rnouvemenls plus sains; C'est là que, loin du monde et de sa vaine pompe, Je n'aurai qui tromper, non plus que qui me trompe.
En vain on lui parle en faveur d'Alidor; en vain Phylis lui dit :
Si lu m'aimes, ma sœur, fais-en autant que moi,
Et laisse à tes parents à disposer de toi.
Ce sont des jugements imparfaits que les noires :
Le cloître a ses douceurs ; mais le monde en a d'autres
Qui, pour avoir un peu moins de solidité,
N'accommodent que mieux notre instabilité.
Je crois qu'un bon dessein dats le cloître te porte ;
Mais un dépit d'amour n'en est pas bien la porte ;
Et l'on court grand hasard d'un cuisant repentir
De se voir en prison sans espoir d'en sortir,
La malheureuse Angélique persiste , et sort en maudissant le trompeur Pvesté seul, Alidor se console par cette réflexion :
Ravi qu'aucun n'en ail ce que j'ai pu prétendre, Puisqu'elle dit au monde un éternel adieu, Comme je la donnais sans regret à Cléandre, Je verrai sans regret qu'elle se donne à Dieu.