‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 567 sur 766 · PHYLIS · texte numérisé non relu

PHYLIS

Craignez-vous qu'à vos feux ma flamme ne réponde, Et puis-je vous haïr, si j'aime tout le monde?

Après l'avoir un peu lutine , elle finit par lui dire qu'elle dépend de ses parents, et à sa question sur leurs intentions à son égard répond seulement :

Le monde vous croit riche, et mps parents sont vieux.

Alidor arrive; mais les deux nouveaux amants le laissent pour aller rassurer les parents de Phylis. — Surpris de ce qu'il voit, et touché du tendre empressement qu'a montré Angélique, il se décide à se rattacher à son char

Doraste paraît , suivi de son valet Lycante ; il jure de se venger de Cléandre. Sa sœur, qu'il ne sait point être en liberté, vient le détromper sur les intentions de Cléandre , qui un moment après leur annonce lui-même que leurs parents lui accordent la main de Phylis. Doraste reproche à Angélique son manque de foi, et lui dit qu'il renonce à l'épouser.

ANGÉLIQUE

Un cloître désormais bornera mes desseins ; C'est là que je prendrai des rnouvemenls plus sains; C'est là que, loin du monde et de sa vaine pompe, Je n'aurai qui tromper, non plus que qui me trompe.

En vain on lui parle en faveur d'Alidor; en vain Phylis lui dit :

Si lu m'aimes, ma sœur, fais-en autant que moi,

Et laisse à tes parents à disposer de toi.

Ce sont des jugements imparfaits que les noires :

Le cloître a ses douceurs ; mais le monde en a d'autres

Qui, pour avoir un peu moins de solidité,

N'accommodent que mieux notre instabilité.

Je crois qu'un bon dessein dats le cloître te porte ;

Mais un dépit d'amour n'en est pas bien la porte ;

Et l'on court grand hasard d'un cuisant repentir

De se voir en prison sans espoir d'en sortir,

La malheureuse Angélique persiste , et sort en maudissant le trompeur Pvesté seul, Alidor se console par cette réflexion :

Ravi qu'aucun n'en ail ce que j'ai pu prétendre, Puisqu'elle dit au monde un éternel adieu, Comme je la donnais sans regret à Cléandre, Je verrai sans regret qu'elle se donne à Dieu.

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