‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 703 sur 766 · LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCENE IV

Pour ce pousseu de gens !

CHARLOTTE

Piarrot, laisse-le faire.

PIERROT

Quement! quej' le laiss' faire ? Et je ne l' veux pas, d. juan. [moi.

Ah!

PIERROT

Parc' qu'il est monsieu, i s'en viendra, je croi, Caresser à not' barbe ici nos zaccordées ! Pargué ! j'en sis d'avis, quej' vous l' zayon gardées ! AUez-v' s' en caresser lé vôtres.

D. JUAN, lui donnant plusieurs soufflets. Hé!

PIERROT

Hé! margué, N' vous avisé pas trop de m' frapper : jarnigué! Ventregué ! tatigué ! voyez un peu la chance D' venir battre les gens ! c' n'est pas la récompense D' vous être allé tantôt sauvé d'être nayé ! J' vous devions laisser boire. Il est bien employé !

CHARLOTTE

Va, ne te fâche point, Piarrot.

PIERROT

Oh! palsanguienne !

I m' plaît de me fâcher, et t'es une vilaine D'endurer qu'en t' cajole.

Il me veut épouser, Et tu n' te devrais pas si fort colériser. C n'est pas c' qu' tu penses, da.

PIERROT

Jarni, tu m'es promise.

CHARLOTTE

Ça n'y fait rian, Piarrot, tu n' m'as pas encor prise. S' tu m'aimes comme i faut, s'ras-tu pas tout joyeux De m' voir madame ?

PIERROT

Non, j'aimerais cent fois mieux Te voir crever, qu' non pas qu'un autre t'eût. Mar-

charlotte. [guenne. . .

Laiss'-moi que jela sois, et n' te mets point en peine : Je te ferai dieux nous apporter des œufs frais, Du beurre...

PIERROT

Palsangué! je gnien port'rai jamais, Quand tu m' enf rais payer deux fois autant. Acoute: C'est donc com' ca qu' tu fais ? si j'en eusse eu qu'euq' Je m' s'rasbian empêché de letirerdegliau, [doute, Et j' gli aurais baillé putôt un chinfreniau D'un bon coup d'aviron sur la tête.

D. JUAN

Hé?

PIERROT, s'é'.oignant.

Personne N' me fait peur.

Attendez, j'aime assez qu'on raisonne!

PIERROT, s'éloignant toujours.

Je m' gobarg' de tout, moi.

D. JUAN

Voyons un peu cela.

PIERROT

J'en avon bien vu d'autre.

D. JUAN

Ouais !

SGANARELLE

Monsieur, laissez là Ce pauvre diable : à quoi peut servir de le battre ? Vous voyez bien qu'il est obstiné comme quatre. Va, mon pauvre garçon, va-t'en, retire-toi, Et ne lui dis plus rien.

PIERROT

Et j' li veux dire, moi.

D. JUAN, donnant un souffleta Sganarelle, croyant le donner à Pierrot qui se baisse.

Ah ! je vous apprendrai...

SGANARELLE

Peste soit du maroufle !

D. JUAN

Voilà ta charité.

PIERROT

Je m' risd' queuqu'vent qui souffle, Et j' m'en vas à ta tante en lâcher quatre mots ; Laisse faire.

(Il s'en va.)

D. JUAN

A la fin il nous laisse en repos, Et je puis à la joie abandonner mon âme. Que de ravissements quand vous serez ma femme ! Sera-t-il un bonheur égal au mien ?

SGANARELLE , voyant Malhurine.

Ah ! ah !

Voici l'autre.

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