‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 717 sur 766 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LA VIOLETTE

D. JUAN

Que veut-on ?

LA VIOLETTE

C'est monsieur votre père.

D. JUAN

Ah ! que cette visite était peu nécessaire ! Quels contes de nouveau me vient-il débiter ? Qu'il a de temps à perdre !

SGANARELLE

Il le faut écouter.

D. LOUIS

Ma présence vous choque, et je vois que sans peine Vous pourriez vous passer d'un père qui vous gêne. Tous deux, à dire vrai, par plus d'une raison, Nous nous incommodons d'une étrange façon : Et, si vous êtes las d'ouïr mes remontrances, Je suis bien las aussi de vos extravagances. Ah ! que d'aveuglement, quand, raisonnant en fous, Nous voulons que le ciel soit moins sage que nous; Quand, sur ce qu'il connaît qui nous est nécessaire, Nos imprudents désirs ne le laissent pas faire, Et qu'à force de vœux nous tâchons d'obtenir Ce qui nous est donné souvent pour nous punir ! La naissance d'un fils fut ma plus forte envie ; Mes souhaits en faisaient tout le bien de ma vie; Et ce fils que j'obtiens est fléau rigoureux De ces jours que par lui je croyais rendre heureux. De quel œil, dites-moi, pensez-vous que je voie Ces commerces honteux qui seuls font votre joie ; Ce scandaleux amas de viles actions Qu'entassent chaque jour vos folles passions;

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