‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 729 sur 766 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Profiter sagement des faiblesses des hommes, Et qu'un esprit bien fait, s'il craint les mécontents, Se doit accommoder aux vices de son temps.

SGANARELLE

Qu'entends-je ? C'en est fait, monsieur, et je le quitte; Il ne vous manquait plus que vous faire hypocrite : Vous êtes de tout point achevé, je le voi. Assommez-moi de coups, percez-moi, tuez-moi, Il faut que je vous parle, il faut que je vous dise : « Tant va la cruche à l'eau, qu'enfin elle se brise. » Et, comme dit fort bien en moindre ou pareil cas Un auteur renommé que je ne connais pas, Un oiseau sur la branche est proprement l'exemple De l'homme qu'en pécheur ici-bas je contemple. La branche est attachée à l'arbre, qui produit, Selon qu'il est planté, de bon ou mauvais fruit. Le fruit, s'il est mauvais, nuit plus qu'il ne profite; Ce qui nuit vers la mort nous fait aller plus vite : La mort est une loi d'un usage important ; Qui peut vivre sans loi vit en brute ; et partant Ramassez; ce sont là preuves indubitables Qui font que vous irez, monsieur, à tous les diables.

D. JUAN

Le beau raisonnement !

SGANARELLE

Ne vous rendez donc pas ; Soyez damné tout seul, car, pour moi, je suis las. . .

D. JUAN, apercevant Léonor.

N'avais-je pas raison? Regarde, Sganarelle; Vient-on au rendez-vous ?

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