A NAPLES
Cassano, 12 août 1806.
Mon général, rien ne pouvait me faire plus de plaisir et d’honneur que de vous voir approuver ma conduite dans la sotte opération ' que j’avais prise tant à cœur, par amitié pour un homme qui maintenant me fait la mine. Vous saurez tout quand je vous verrai. Un rayon de prospérité donne d’étranges vapeurs. Moi, d’abord, je fus fâché de la perte des canons; mais ici je
' Sa mission à Tarente pour y chercher de l'artillerie. Le secret , qui devait être gardé, fut divulgué par la cour du de Maples.
45S lettres inédites,
vois que personne n’y pense, et je serais bien bon de m’en faire tin cbagrin , quand tout le monde s’en moque.
On nous dit que vous êtes en faveur près de madame G... Parbleu ! vous devriez bien , dans vos bons moments , vous souvenir de moi, qui, depuis six mois, n’ai guère eu de bon temps, et me faire un peu revenir à Naples. Ty ai bien autant affaire c|ue vous; j’y ai la nue-propriété d’un des plus beaux objets qui .soient sortis des mains de la nature. Je ne connais point votre madame : tout le monde dit qu’elle a de jolies choses. Si vous aimez toujours le change, nous pourrions faire quelque affaire: vous me devriez certainement du retour; mais à cause de vous, et pour aller à Naples, je ferais des sacrifices. Si vous aviez la moindre idée de ce que je vous propose, vous m’enverriez l’ordre ■de partir sur-le-champ , et en poste.