‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 107 sur 374 · CI.XZII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

CI.XZII NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ces galantes apothéoses étaient simplement douoenra de poète. La Fontaine, à ce moment-là, ne craignait pas tant de laisser à Bois-le-Vicomte « son cœur en otage, » comme il le disait, que de s'éloigner des répétitions de son opéra à^Jstrée\ et les trois déesses étaient certainement fort rassurées sur la liberté et la paix de son cœur. Mme d'Hervart était habituée à ses adorations, toutes poétiques. Elle les recevait sous le nom de Sylvie, aussi innocemment que Mme de la Sablière sous le nom d'Iris. Dans une de ses lettres de 1687, à M. de Bonrepaux, la Fontaine disait : « Il lai faut donner un nom du Parnasse. Gomme j'y suis le parrain de plusieurs beUes, je veux et entends qu'à l'avenir Mme d'Hervart s'appelle Sylvie dans tous les domaines que je possède sur le double mont. 3» Le parrain avait, dans ses baptêmes du Parnasse, des noms de prédilection. Il avait déjà donné autrefois celui-là à Mme Foucquet. Il importait peu. Outre la lettre à Bonrepaux qui contenait des vers à la gloire de la nouvelle Sylvie, une chanson de cette même année 1687 était, sous forme pastorale, un hommage aussi à ses charmes. Elle commence ainsi :

On languit, on meurt près de Sylrie.

Sylvie récompensait les chansons du berger Lyddas, ou, si l'on veut, du berger la Fontaine, par des soins moins dignes de l'églogue, mais solides. Son poète était toujours fort négligé dans ses vêtements. Un jour ses amis le rencontrèrent habillé de neuf, et lui en firent compliment. Il s'étonna, n'y ayant pas pris garde. C'était Mme d'Hervart, qui, sans lui rien dire, avait fait changer ses habits*. Le vieil enfant de Mme de la Sablière avait encore une fois rencontré une sollicitude maternelle, qui restera inscrite au livre reconnaissant des Muses. Mme d'Hervart ne crut pas que ce fUt assez de veiller sur la propreté des habits de la Fontaine ; elle chercha aussi, nous l'avons déjà appris parle témoignage de yergier,à faire entrer plus de sagesse dans sa vie; mais on ne voit pas qu'elle ait eu, de ce côté, grand succès : il est plus facile de remplacer nos vieux vêtements que de nous faire dépouiller le vieil honuae*

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