‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 115 sur 374 · I . Sitioire de VJeaddtme^ p. S^g · texte numérisé non relu

I . Sitioire de VJeaddtme^ p. S^g

9. Mémwrtê de Louis Racine, dans les OKuvres de Jean Bmeîne^ tome I, p. 3s6*

QXGii NOTICE BIOGRAPHIQUE

AfMoas toatef<NS que si« dui$ ses lettres à Coati et à YendAme, il sent parfois le fagot, et n'a pas, ce semble, trop de peine à se mettre au ton de ses correspondants, il n'y a là rien de semblable à telle tirade sërieusement impie de son ami Chaulieu, à celle-ci par exemple, que nous ne citons que pour y opposer le langage de notre poète :

La mort est simplement le terme de la TÎe. De peines ni de biens eUe n*est point suivie. •••

Ce n*est qu*un pénible sommeil,

Que, par une conduite sage,

La loi de TUnÎTers engage

A n'aToir jamais de réveil '.

Voilà quelle était la philosophie du Temple. Dans un esprit bien différent, la Fontaine écrivait à Saint-évremond, correspondant avec qui l'on pouvait parier très-librement : « Je ne suis pas moins ennemi que vous du faux air d'esprit que prend un libertin. Quiconque l'affectera, je lui donnerai la palme du riÀcuIe.

Rien ne m*engage à faire nn lirre ;

Mais la raison m*oblige à rivre En sage citoyen de ce vaste univers :

Citoyen qui, voyant un monde si divers.

Rend à son auteur les hommages

Que méritent de tels ouvrages *. »

Cëtait le développement de deux vers de Saint-Évremond à la lettre duquel il répondait :

De ce faux air d*esprit que prend un libertin, Connoitre avec le temps, comme nous la folîe;

mais la Fontaine en dit un peu plus que lui dans son hommage au créateur. Nous avons mieux encore dans son Discours à Mme de la Sablière^ où il parle en vers si touchants des pensées qui conviendraient au déclin de sa vie et de sa crainte

I. ÉptêreàMmêiaJuekuteJêBouUiûm^àuïÈleêQBwrêtdePaèèé Je Chaulieu^ Paris, 1757, tome II, p. 819. a. Lettrt à Saint^ÉpnmanJ^ du 18 décembre 1687.

SUR Là fontaine. cxqiii

d'attendre peot-4tre trop tard pour sm^re les leçons de sa bienÀitrioe et pour

S*ac(piitter des honneurs dus à FÊtre suprême.

Ed pareille matière^ où pins qu'en tonte antre le mensonge serait bas, toirtons le soupçon d'une amitié complaisante, on d'une ambition académique, qui pouvait bien aller jusqu'à essayer de renoncer aux Cornes^ non jusqu'à une hjrpocrisie dont jamais homme ne fut plus incapable. Sans se faire, dans ce discours, meilleur qu'il n'était, il y montre que Mme de la Sablière Ta toot au moins amené à beaucoup réfléchir, et que peut-être un jour ses conseils et ses exemples porteront leurs fruits. Point de doute que cette amie ne se soit de plus en pins efforcée de l'acheminer où il avait peine à venir. De leur odté, Racine et Rmleau ne purent manquer de tout feire pour l'attirer du même côté; et lorsque Louis Racine dit : <K Leurs sages instructions avoient beaucoup contribué à faire peu à peu nattre en lui les grands sentiments de pénitence dont il fut pénétré les deux dernières années de sa vie*, » c'est ce qu'on admet trop naturellement pour croire qu'il parlait seulement par conjecture. Ce n'est pas qu'il soit très-sûr de s'en rapporter à lui sur quelques points de détail. Il raconte que son père et Roileau allèrent voir la Fontaine au temps d'une grande maladie, qui paraît être celle de 169a, et que la femme qui le gardait leur dit de ne pas entrer, parce qu'il dormait. « Noos venions, lui répondirent-ils, pour l'exhorter à songer à sa conscience; il a de grandes fautes à se reprocher.... — - Lui, Messieurs! il est simple comme un enfant. S'il a fait des fautes, c'est donc par bêtise plutôt que par malice'.» D'Olivet, qui rapporte le même mot de la garde-malade sous une forme plus piquante : « Hél ne le tourmentez pas tant, il est plus bête que méchant, » veut qu'il ait été adressé à l'abbé Pouget, et c'est le plus vraisemblable, celui-ci même l'ayant ainsi conté*. Louis Racine a écrit dix-huit ans après d'Oli-

I. Mémoires^ dans les OBupres de J, Racine^ tome I, p. 3a6. a. Dans une note sur un passage des Réflexions sur la poésU^ chapitre v, article s.

Page 1