‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 193 sur 374 · F. VI] LIVRE II.' US · texte numérisé non relu

F. VI] LIVRE II.' US

« Faut-il contribuer à son propre malheur!

Cruels humains ! vous tirez de nos ailes 5

De quoi faire voler ces machines mortelles'. Mais ne vous- moquez point, engeance sans pitié : Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre. Des enfants de Japet ^ toujours une moitié

Fournira des armes à Tautre. » 10

3. L'nne des MoHes grecques (la seconde de Goray) rend le même sens arec une élégante précision : xb péXof.... lnT8p<t>(&ivov lotc o{xs(oic

4. Dans Horace (liTre I, oJe ni, vers 17), audas Japeii gemu ne s*applique qu*à Prométhée; les enfants de Japet désignent ici toute la race humaine. On peut se demander si la Fontaine emploie ces mots à dessein, pour faire allusion à l'homme fabriqué par Prométhée, et donner à entendre que nous sommes dignes de celui qui déroba le feu du ciel, et de qui sont Tenus tous les maux. — Voltaire, dans Tendroit déjà cité denx fois (ci-dessus, p. 79, note 6, et p. 108, note 10), rapporte ces denx Ters comme une des belles maximes du fabuliste.

J. Di hk FoifTAHiB. i 10

i46 FABLES. [r. vu

FABLE VIL

LA IiICE^ ET SA COMPAGNE.

I^èdre, liyre I, fab, 19, Cam$ parturietu. — RomolnB, livre I, &b. 9, même titre. — Marie de France, fab. 8, ttune lisse qui puleit ckaaler,

Mjrthoiogia sisopiea NeveUti^ p. 400, p. 493*

Voyez la xm* leçon de M. Saint- Marc Girardin (tome I, p. 433- 435). Il cite on trait mordant de satire ajouté à la fable par un poète du seizième siècle, Weiss, qtd a publié ses fables latines sous le nom de Pantaleo Candidus (fab. 10 1, Delîcim poetarum germanorum, Fnno fort, 161 3) : la Chienne chassée va se plaindre au juge, qui, ne roulant pas se faire d'affaires, c permet à la plaignante de chasser à son tour, si elle le peut, son adversaire, ou de lui persuader de quitter les lieux de bonne volonté. 1 — Justin , dans on passage do livre XLIII, chapitre iv, que nous donnerons à V Appendice^ met cette fable dans la bouche d*un ligurien, qui s*en sert pour engager les Gaulois à chasser les Massiliens nouyellement établis en Gaule. — On lit dans Gamerarius (p. aSi) une fable de même morale, mais dont les personnages sont différents. Cest un Hérisson qui, après avoir reçu l'hospitalité d'un Serpent, le chasse de son trou. Haudent (fab. i3o de la s" partie), Benserade (quatrain xxxviii de rédition de 1677, et ucxii de celle de 1678), et le Noble, dans son Ésope (1691), comédie accommodée au théâtre italien (actel, scène rv)» ont adopté le même cadre. — M. Benfey (tome I, p. 353) rapproche de notre feble un apologue oriental d'intention analogue.

Une lice étant sur son terme , Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant *, Fait si bien qa*à la fin sa Compagne consent De lui prêter sa hutte , où la Lice s*enferme.

Page 1