LE COQ ET LE RENARD
Ésope, fab. 36, KiSâiv xa\ 'ÂXsxTpuci^v (Coray, p. i3 et 24); K6«av, !i>ixib)p xa\ 'ÀXcJ^^RjÇ (Coray, p. 297). — Faërne, fab. ap, CaniSf Gallus et Vulpes, — Haudent, i'* partie, fab. 36, et un Coq^ d'un Chien et tPun Regnard, — Ce n'est pas tout à fait le même sujet. Dans les deux fables ésopiques , et dans celles de Faërne et de Haudent, le Coq et le Chien, Toyageant ensemble, passent la naît, Tun sur les brancbes, l'autre au pied d'un arbre , dans un trou. Attiré par le chant du Coq, le Renard FinTite à descendre pour qu'il puisse embrasser un animal qui chante si bien, c Éveille le Portier, reprend le Coq, pour qu'il m'ouvre la porte. > Le Renard appelle ; le Chien sort de son trou et le déchire à belles dents. — Le cadre de la Fontaine est à peu près le même que celui dou Coulon (Colombe, Pigeon) e dou GourpUl (Renard) de Marie de France (fab. 5 a), et de deux autres fables françaises , intitulées le Coq et le Renard ^ et qui ont pour auteurs, l'une Guillaume Tardif, lecteur ou, comme il dit lui-même, liseur de Charles YIII , et l'autre Guillaume Gueroult. Celle de Tardif, en prose, a été publiée dans les Facéties du Pogge (sans date); celle de Gueroult, en yers formant des stances, à la suite d'un recueil dH Emblèmes (i55o). M. Soullié les cite l'une et l'autre aux pages 188-191, et aaa-a34; au^ pages aa4-aa7, il analyse et apprécie , un peu sévèrement peut-être , la fable de la Fontaine. — Dans le Roman du Renart (édition Méon, vers 1731 et suivants), le Renart emploie euTers la Mésange, également sans succès , la même ruse qu'ici envers le Coq. Arec Chantecler le Coq, il a recours à une fourberie toute différente (vers i543 et suivants), qui, peu s'en fiiut, lui réussit. — Voyez encore le Pantschaiantra de M. Benfey, tome I , p. 3io.
MjtkoUjgia msopica Neveleti, p. 119.
Sur la branche d'un arbre étoit en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois.
« Frère, dit un Renard, adoucissant sa voix,
176 FABLES. [r. zr
Nous ne sommes plus en querelle :
Paix générale cette fois. s
Je viens. te Tannoncer; descends, que je t*embrasse.
Ne me retarde point \ de grâce; Je dois faire aujourd'hui vingt postes * sans manquer.
Les tiens et toi pouvez vaquer,
Sans nulle crainte, à vos ajDTaires; 10
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux ' dès ce soir,
Et cependant viens recevoir
Le baiser d'amour fraternelle.
— - Ami, reprit le Coq, je ne pouvois jamais 1 5
Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle
Que celle De cette paix;
Et ce m'est une double joie De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers^, so
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie :
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous* Je descends : nous pourrons nous entre-baiser tous. — Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire : Nous nous réjouirons du succès de l'affaire Une autre fois*. » Le galand aussitôt
t. « Ne me tarde point, » dans Tédition d*Am8terdam 1679.
a. Posté se dit de la distance qui sépare deux relais (enriron deux lieues, dit TAcadémie en 1694; une lieue et demie on deux lieues, disait Furetière en 1690). Le mot s*en Ya ayec la chose.