‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 317 sur 374 · Uno kaÛtu frigetpuUu digUique tepesemU · texte numérisé non relu

Uno kaÛtu frigetpuUu digUique tepesemU

dit le Noble, arec une faute de quantité (Aâ/i*/fi), dans le distique placé en tête de sa fiible. — Aristote cherche à rendre compte de ce double effet. Sans garantir l'explication qu'il en donne dans ses Prabièmes (section xxxnr, n» 7), nous pouTons y reuToyer les esprits difficiles qui veulent de Texactitude et ne goûtent pas la naireté populaire. Aristote pose la question en ces termes, qui rappellent ceux de la &b]e grecque que nous citons ci-après (note 10) : AtÀ t( 2xtqO opSfioToç xa\ Oep(ibv xa\ «^u^p^ nvlowi ; c Pourquoi souffle-t-on de la bouche et le diaud et le froid? •

388 FABLES. [p.

Ne plaise aux Dieux que je couche « s

Avec vous sous même toit !

Arrière ceux dout la bouche Souffle le chaud et le froid ^^ ! »

lo. Dans Faërne (yen 14) :

Qui mihi tmo eodemque fimdiê ore eaUdum et frigidum.

— Dans la fable grecque : "Ori 1% totS câxvi or6fiOCToc tb Oep(iibw naX xb 4«XP^ K^>iC« *- Ches le Noble, le Satyre s*éciîe :

Qnoi, ooqoin?...

* Souffler de même bouche et le chaud et le froid I

PkiU on peu plus loin :

Et je ne souffre point un homme à double haleine.

— Le même le Noble, par deux fois, applique la moralité de la fible aux avocats qu'on Toit

Soutenir le pour et le contre.

— Dans le recueil d*Érasme cité plus haut, elle est dirigée de mène 'mjureconiultot qui eausam eamdem nime tuentur^ nune tH^ugmaU; et ôi rhêtores qui eadem noruni Uutdare et viiuperare, ele9ture atque attoUere, Ce recueil contient en outre le rapprochement que Toici : JUs quo (eodem) oreprocedit benedietio et maledietio. Non oportet, frairet Met, kme ita fieri, Numquid fons de eodem foranùne émanai duicem et ama" mm aquam? {ÉpCtre de saint Jacques^ chapitre m, versets 10 et 11.)

— L'ailabulation de Faërne est :

Quem biUnguem natti^ amieum ne tibi hune adseiseito.

^ • L*homme, dit Charron, est Tanimal de tous le plus difficile à sonder et cognoistre, car c'est le plus double et contrefaict, le pins oouuert et artificiel, et y a chez luy tant de cabinets et d*arrière-bo«itiques, dont il sort tantost homme, tantost satyre ; tant de soospirails, dont il sonffle tantost le chaud, tantost le froid, et d*o& il sort tant de fumée. » (De la Sagesse, livre I, chapitre v, p. 33, Plaris, 16S7, in-ia; dans d'autres éditions, livre I, chapitre xi..)

r. Tui] LIVRE y. 389

FABLE VIII

LB CHBYAL BT LB LOUP.

Efope, fab. aSg, ^Dvoç xa\ Auxoç (Coray, p. 170 et 171 ^ p. 390 et 39 1| soat cinq fonnet; la cinquième est k Tenion d^Aplithonins» dont le titre suit). — Babrius, fab. laa, mfmê titré, — Aphdioiiiat, fid>. 9, Fahuia Asini^ non esse benefaelendum malts admanêns, — Romniof, lirre m, fid>. a, Léo et Equus, — Faërne, fiJ>. 4» Asimu et Lupus, — Haudent, i** partie, fab. la, d^un Âsnê et sTun Léon; fab. 143, iPun Lfon et tTun Chenal, — Corrozet, fab. 33, du Ljrom et du Chenal, — - Le Noble, fab. 1%^ du Cheval et du Loup. Le fourbe fourbe. Voyez la comparaison que fiiit H. Sonllîé (p. 93a-a37) de la fable de le Noble arec celle de la Fontaine.

Mjrthologia suopieo Neveleti, p. 998, p. 398, p. 376, p. 5 16.

On a pa remarquer que plusieurs des fabulistes antérieurs à la Fontaine mettent en scène, au lieu du Loup, le Lion, et presque tons l'Ane, an lieu du Cheval. Une autre difFérenoe, c'est que le Qie« ▼al ou TAne, dans la plupart des fables dont nous Tenons de donner les titres, est réellement boiteux et souffrant et a besoin du médecin. Il s'est enfoncé une épine ou une écharde, t nng gros estoc de boys, > dit Haudent, ou un clou dans le pied. Il reut bien, dit- il, que le Loup ou le Lion le dévore, mais après lui avoir d'abord 6té son mal, c afin que son âme ne descende pas malade aux enfers : »

*Qc (Aou xonùBj^ 9BviG(ji' ivaXfèc ^U *Ai8ou. (Babbzus, vers 8.)

La cinquième des fables grecques de Coray se rapproche de la nôtre ; l'Ane y feint de boiter (x(*>^Nsiv icpoacnoicfTo). Le Cheval a de même recours à la ruse, et son mal est une feinte, dans le Roman du Aenart (édition Méon, vers 7591-7610); dans les deux fables d'I^iopet I et à*Ysopet II, citées par Robert; et dans celles de Benserade et de le Noble. Le Noble lui fait dire :

Je me mis en courant un clou dans la fourchette.

Benserade tourne ainsi son quatrain (le lxti«) :

L'Ane disott an Loup : c Je sois estropié

390 FABLES. {t. rm

D'une épine, et Toyez de quel air je chemine. » Comme à TAne le Loap vouloit tirer l'épine, L'Ane an milieu du front lui tire un coup de pié. a

-— Handenty comme on le Toît dans la notice, a traité deox fois le sojet; dans sa première version l'Ane ne mse point; dans sa seconde le Cheral ruse. — La fable est indiquée en ces termes, plutôt que racontée, dans la Saijrre de* Loups ravissantâ de Robert Gobin, qui écrÎTait à la fin du quinzième siècle (voyez M. Soullié, p. 193) : c De ceci raconte Isopet que le Lion voyant un Qieual paistre, par ypocrisie feignit estre médecin, et le cnidoit prendre.. . ; mais le Chenal y obnia et lui bailla un coup de pié. a — Enfin J. Grimm, dans son BiMuart Fuehs (p. 498 et 4^4)» donne une fable latine, compoaér probablement en France au quatorzième siècle et intitulée Mhùu, Fulpet et Lupus, dans laquelle le sujet est ainsi modifié : Le Loup, à l'instigation du Renard, va demander au Mulet : c Qui es-tu? — Je ne sais, répond le Mulet; j'étais trop petit quand mon père est mort; mais il a écrit mon nom au-dessous de mon pied gauche. » Le Loup vent le lire. On devine le reste.

Un certain Loap, dans la saiaon Qae les tièdes zéphyrs ont Therbe rajeunie. Et que les animaux quittent tous la maison

Pour s'en aller chercher leur vie :

Un Loup, dis-je, au sortir des rigueurs de Thiver, 5 Aperçut un Cheval qu^on avoit mis au vert.

Je laisse à penser quelle joie ^ .

« Bonne chasse, dit-il, qui Tauroit* à son croc' ! Eh ! que n'es-tu mouton ! car tu me serois hoc ^,

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