‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 369 sur 374 · I. Lmm XI. — a. FMékM III. — 3. Gharim ie Téarfmirs · texte numérisé non relu

I. Lmm XI. — a. FMékM III. — 3. Gharim ie Téarfmirs

de la oonronne de Fnnoe, comme Flandres, Aithois, Bom^gongne, et ploneun aultxes. Combien que cest empereur ait esté tonte sa yie homme de très peu de Tertn, si estoit il bien entendu, et pour le long temps qu'il a Tescn a Ten beaucoup d'expérience. Et puis ce partis, entre nous, luy auoient beaucoup duré; et il estoit las de la guerre, combien qu'elle ne lu j coustast riens ; car tous ses seigneurs d*Allemaigne y estoient à leurs despens, comme il est de constnme quand il touche le faict de l'Empire.

Ledict Empereur respondit que empres d*une Tille d'Allemaigne y auoit ung grant ours, qui faisoit beaucoup de mal. Trois compaignons de ladicte Tille, qui hantoient les tauemes , Tindrent à ung tanemier, à qui ilz debuoient, prier qu'il leur acreust encores ung escot, et que auant deux iours le payeroient du tout ; car ilz pren« droient cest ours, qui faisoit tant de mal, dont la peau Talloit beaucoup d'argent, sans les presens qui leur seroient faietz des bonnes gens. Ledict boste acomplit leur demande; et quand iia eurent disné, ilz allèrent au lieu où hantoit cest ours ; et comme ilz approchèrent de la caueme, ilz le tronnerent plus près d'eulx qu'ilz ne pensoient. Ilz eurent paour, et se misrent en fuyte. L'ung gaigna ung arbre ; l'aultre fuyt tcts la tIUc ; le tiers, l'ours le print, et le fouUa fort soubz luy, en luy approchant le museau fort près de To* reille. Le poure homme estoit couché tout plat contre terre, et faisoit le mort. Or ceste beste est de telle nature que quant ce qu'elle tient, soit homme ou beste, des ce qu^l ne se remue plus, elle le laisse là, cuydant qu'il soit mort. Et ainsi oedict ours laissa ce poure homme, sans luy auoir fiûct gueres de mal ; et se relira en sa caueme. Des que le poure homme se Teit desliuré, il se leua, tirant Tcrs la 'ville. Son compaignon qui estoit sur Tarbre, lequel auoit tcu ce mystère, descent, court et crye après l'aultre, qui alloit deuant, qu'il l'attendist; lequel se tourna, et l'attendit. Quant ilz furent ioinctz, oelluy qui auoit esté dessus l'arbre demanda & son compaignon, par serment, ce que l'ours luy auoit diot en conseil, qui si long temps luy auoit tenu le museau contre l'oreille. A qnoy son compaignon luy respondit : c II me disoit que iamais ie ne marchandasse de la peau de Tours, iusques à ce que la beste fust morte, s Et auec ceste fable paya l'Empereur nostre homme , sans faire aultre responoe, sinon en conseil, comme s'il Tonloit dire : a Venez tous en icy, comme tous auez promis, et tuons cest homme, si nous pouuons ; et puis despartons ses biens. »

{Mémoires de Philippe de Commjnes, Paris, Jules Renonard, x84o, liTre ly, chapitre in, année i475, tome I, p. 398-33o.)

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