‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 38 sur 374 · I. NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

I. NOTICE BIOGRAPHIQUE

ne reconnut pas. U trouva qu'il parlait avec esprit, et en fit la remarque. On lui apprit alors qui il ëtait. a Aht dit-il, j'en suis bien aise. » Ne sont-ce pas là des légendes? Mais la Fontaine a dû y donner quelque prétexte par cet oubli de son fils, trop semblable à celui où il mettait sa femme.

Une histoire manuscrite de Ghâteau-Thierrjy qu'un abbë Hébert écrivait au commencement de ce siècle, cite un mauvab couplet de chanson sur le fils de la Fontaine :

L'héritier d'un si grand nom.

Déshérité du Parnasse, Ne connoft que son flacon.

Les méchancetés des vaudevilles ne sont pas articles de foi; mais il est à croire tout au moins qu'une éducation fort négligée, malgré la prétendue tutelle de M. de Harlay, avait fait de <c l'héritier d'un si grand nom » un homme assez inutile* Au témoignage d'Adry^, a les amis que la Fontaine avait à Troyes procurèrent à ce fib, vers 1700, un emploi dans les Aides, qui fut entre ses mains, dit M. Grosley, précisément ce qu'il auroit été entre les mains du père. » Charles de la Fontaine fut aussi greffier du prévôt de la connétablie*.

La chronique, qu'il n'y avait ni à taire, ni à colorer, du ménage de la Fontaine, nous a paru devoir être donnée tout d'une suite. La place naturelle en était indiquée au moment où nous l'avons vu se marier. Il faut revenir au temps de sa vie qui suivit immédiatement ce mariage. Nous avons là des années qui, jusqu'au jour du patronage de Foucquet, ne sont pas celles qui offrent de lui les plus inQfressants souvenirs : nous l'y trouvons surtout aux prises avec les embarras d'argent; et nous manquons d'informatioQg suffisantes sur ses essais poétiques de cette époque.

Un an après son mariage, et en faveur de ce mariage, son frère, le ai janvier 1649, lui fit donation de tous ses biens présents et à venir, à la condition qu'il lui payerait, après la

I. Note i3, à la page xxti de la VU de la FontaÎM^ par Fréron.

s. Le brevet de Charles de la Fonuine en cette qualité, daté du 4 décembre 1714 et scellé du grand sceau, appartient à M. le vicomte Héricart de Thnry.

SUR LA FONTAINE. u

mort de leur père, une rente viagère de onze cents livres^. Le généreux donateur, qualifié dans l'acte de cession « confrère de l'Oratoire de Jésus », est ce Claude de la Fontaine que nous avons vu à l'Oratoire*, avec le confrère Jean^ dont il était le puîné, étant né en i6a3*. Sorti de l'Oratoire de Paris en i65o, et devenu prêtre oratorien de Reims, il finit par se retirer à Nogent-F Artaud, village voisin de Château-Thierry. S'il nous a tout à l'heure paru généreux, il ne tarda pas beaucoup à se raviser, à refaire ses calculs. Le contrat de mariage de son firère, qu'il devait cependant avoir lu avant sa donation de 1649, 1^ sembla décidément avoir fait de trop grands avantages à celui-ci. Dès 1 65 a, il fallut transiger avec ses repentirs et le laisser atténuer la donation* Six ans après, lorsque fut ouverte la succession paternelle, il ne confirma sa cession qu'à la charge d'un payement de huit mille deux cent vingt-cinq livres, que lui ferait son frère Jean, après l'avoir acquitté de toutes les dettes des héritages de leur mère et de leur père. Celui-ci était mort au mois d'avril i658*. Sa succession laissait peser sur notre poète un passif de trente-deux mille huit cent quatre-vingt-douze livres ; nous ne connaissons pas bien la valeur des propriétés qui formaient l'actif. En tout cas, il y avait là bien des tracas d'affaires pour un homme qui n'en avait pas le goût : des ventes de biens immeubles étaient devenues nécessaires. Déjà du vivant de son père, en i656, la Fontaine avait été forcé de vendre à Louis Héricart*, frère de

I. Walckenaer, aux Pièces justîfieatipes de V Histoire de la pie,,,, de la Fontqine^ tome U, p. 296 et 397, a donné l'acte de cession. — Il faut y liire : « et de présent à Aarojr », au lieu de : a et à présent à hatojr, »

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