Voyez ci-deisui, p. iv-v et note 3 de la page m
SUR LA FONTAINE. cxt
proie à la mâancotie loin de Paris, ou plutôt, prâeIldai^ily loin d'elle. Cette gaie compagnie, qu'il regrettait tant, Mme de Sévign^ en a parlé', mais dans un temps plus ancien de quelques années, lorsque, chez la Ghampmedë, il y avait et les Racine et les Desprëauz. Plus de Desprëaux, vraisemblablement, en 1676 : des passages de son An poétique^ publié en 1674, nous le montrent devenu moraliste austère. Mais Ta* moureux Racine ne s'était pas encore éloigné; la Pare, si cher à Mme de la Sablière, venait se consoler, près de la comédienne, des disgrâces de la bassette; et c'étaient toujours sans doute les mêmes « soupers délicieux^ c'est-à-dire des diableries *. » Après la réforme de Racine, tout alla du même train, si ce n'est que M. de Tonnerre avait succédé à l'auteur d'^ndrmnaque. Demeuré le dernier des trois poètes amis, la Fontaine était toujours là, ne se fâchant pas des niches et des brocards du nouvel amant favorisé. C'est ce qu'il nous apprend Im-même dans une autre lettre écrite, en 1678, à la Champmeslé, et pleine également de douceurs. La Fare y est nommé conmie un des habitués de la joyeuse maison, qui lui était devenue nécessaire pour charmer ses ennuis. La Fontaine dédia, mais un peu plus tard, à la Champmeslé, son conte de B^phégor^ dans des vers qui ne sont pas entre les moins diarmants qu'il ait écrits. Elle n'eut jamais de Racine pareil hommage poétique, destiné à faire franchir à son los la nuit des temps. Il aurait eu cependant pour célébrer ses attraits quelques raisons que n'avait pas tout à fait la Fontaine. Cest odnirci même qui loyalement fait taire ainsi les indiscrètes conjectures :
De mes Philis tous tenez la première, Vous auriez eu mon âme toute entière, Si de met rœux j*entte plut prëtumé :
Mait en aimant, qui ne veut être aimé ?
Je me tuit dit teulement votre ami, De ceux qui tout amantt plut qu*à demi, Et plût au tort que j^eutse pu mieux faire ' !
I. Lettre à Mme de Grignan^ du i*' avril 1671, tome II, p. i37.