A PROPOS DE LA VACCINATION CHARBONNEUSE
Arbois (Jura), 15 août 1887.
Dans une lettre que j’ai adressée à la Société royale-impériale des médecins de Vienne, le 29 mai dernier 1 2), j’ai dit que « les critiques déjà lointaines de l’École de Berlin ont été depuis longtemps réfutées par les faits et que cette École a changé d’opinion ».
Le docteur R. Koch, dans un article que publie la Semaine médicale du 3 août courant (3), s’élève contre cette assertion. Il déclare qu’il n’a en aucune façon modifié son opinion sur la valeur pratique des inoculations charbonneuses. J’avais été mal informé : je le regrette pour l’École de Berlin ; mais je m’empresse de donner acte à AI. Koch de sa rectification. Cependant, sommes-nous donc si éloignés d’être complètement d’accord ? Voici, en effet, ce que dit M. Koch :
« Pasteur s’appuie dans sa lettre sur les résultats des vaccinations en France dans les dernières années : plus de 200.000 (deux cent mille) moutons vaccinés annuellement présentent une mortalité par le charbon inférieure à 1 pour 100, tandis que, parmi les troupeaux non vaccinés, cette mortalité s’élève à 10 pour 100; plus de 20.000 (vingt mille) bovidés vaccinés par an fournissent une mortalité qui n’atteint pas 0,5 pour 100, tandis que, sans la vaccination, la mortalité de ces animaux est d’environ 5 pour 100. »
Telle est, en effet, ma conclusion et je n’ai, pas d’autres preuves pratiques de la grande efficacité de la méthode que les chiffres rappelés par M. Koch et qu’il trouve très concluants.
Pourquoi donc M. Koch se défend-il de croire à la valeur pratique des vaccinations charbonneuses ? Uniquement par un sentiment de défiance qu’il ne justifie aucunement. En effet, il termine l’alinéa que je viens de citer par ces mots :
« Qui pourrait se porter garant de l’exactitude de ces chiffres? Comment et par qui les éléments de ce calcul ont-ils été rassem-