LIVRE I. ifi
Que les tiens soient punis qui suivent la constancp, Tu me dois reserver le plus cruel tourment, Car Phœbus ne veit onc un si fidel amant. Celle qui tut première est ma dernière flame; Comme je n'ai qu'un cœur je n'aime qu'une dame, Tousjours à mesme but s'adresse mon penser. Tel est mon naturel que je ne puis forcer. Et bien que ma Delon se change d'heure en heure, C'est la loy des deslins que constant je demeure, Tandis qu'il y aura des poissons sous les eaux, Des estoilles au ciel, dedans l'air des oyseaux. Des bestes dans les bois, des hommes sur la terre. Et tandis qu'aux moutons les loups feront la gueire. Que l'hyver sera froid et l'esté chaleureux, Et tant que les beautez auront des amoureux.