‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 3)Chapitre 145 sur 163 · SUR LA MORT DE LOYS DU GAST · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE LOYS DU GAST

MAISTRE DE CAMP DE LA GARDE DP nOV

Ne semez point des fleurs sur la tombe sacrée Du valeureux le Gast, vive llame de Mars,

* Le cardinal de Lorraine (Charles de Guise) était né à Joinville le 17 février ISIS. Il fut ministre sous François II, sous Charles K, et sacra Henri III. Adversaire déclaré de la tolérance, il essaya d'introduire chez nous l'inquisition et provoqua Je fanwux coUoqiie de Poissy. t.i ligue nVut |MS de chef plus sélé.Il Hiinait, protégeait néanmoins les savants et les lit> térateui's. Le SS dècerohro trt74, il termina sa funeste carrière. Le cardinal de Quise (Louis I*' de Lorraine) vint au monde Jo SI octobre 1527. Sa haute naissante lui ouvrit le chemin des hoimflurs. « C'esloit, dit l'Estoile, un hon homme, peu remuant. On l'appeloit le cardinal des bouteilles, parce

Ju'il If s aimoit fort et ne se méloil gueres d'autres aRaires que de celles e U cuisine, u ' I<ouis Béranger du Guast, fevori de Uenri lit, fut enivré pxr sa haute for-

Mais des marques de guerre, escus, lances et dards; Autre ornement funèbre à sa cendre n'agrée.

Qu'on n'entende à l'entour les accens misérables Des nymphes, des pasteurs, des Amours lamenlans; Nais que la forte voix des meilleurs combattans Célèbre son obseque et ses faits mémorables.

Jamais le ciel ne mit plus d'addresse et de graro, Ni de force en un corps, ny cœur plus asseuré; Et s'il ne l'eust si-tost d'entre nous retiré, La France auroit son Nars aussi bien que la^hrarr.

Dès sa première enfance, en vertus accomplie, Ayant d'un beau désir le courage embrasé. Il s'estoit comme un but en l'esprit proposé Que pour aimer la gloire il faut haïr la vie.

En cent et cent combats, dont France est trop fertile, Soustenant de son roy le fidelle party, Cent fois leâ plus vaillans son effort ont senti, Et l'estimoient des siens le rampart et l'AchiJe.

En Un demeuré sauf des guerres plus cruelles, Durant qu'en tans de paix il se va moins gardant, Un soir on le massaa'o, et tombe en respandant Plus d'honneur que de sang de vingt playes mortelles

0 rigoureux destins dont France est combatuë ! Mars au discord commun luy ravit ses enfans. Puis, ceux qu'on voit rester vainqueurs et trionfans, Au giron de la paix laschement on les tut".

DE LUY-MESME

Le Gast, qui sous Brissac, nourriture avoit prise. Et qui seul imita ses desseins généreux. Eut le cœur grand et beau, l'esprit avantureux. Pour luy du plus haut ciel basse estoit Fentreprise.

En ce tans triste et feint il vescut sans feintise, N'estima les plus grands, mais les plus valeureux; D'argent il flt jonchée, et ne fut désireux Pour tout bien que de gloire ouvertement acquise.

tune aupointdelrnterav«c insolence les plus grands personnages, lln'êpargnait pas les dames d» la cour et d.flainait publiquement la reine Blargucrile de fiavarre. Cette princesse, d'accord avec le duc d'Alençon, le fit tuer dans son lit par le baron de Viteaux, alors caché an monastère des Augustins pour éviter les conséquencee d'un meurtre précédent. 11 avnit luimême tué beaucoup deschismaliques pendant la Samt-Barthélemy. f«a roorl eut lieu le si octobre 1575, i dix heures du soir. L'assassin fut recueilli p»T lie duc d'Alençon et condamné seulement à des dommages-intérêts. Le roi fit enterrer pompeusement son mignon.

Il aida ses amis, ses ennemis chassa, Ft tons ses compagnons en faveurs surpassa, Knt fidelle à son maistre et gaigna son courage.

F.ii fin, la miict, au lict, foible et mal disposé, Se voit meurtrir de ceux qui n'eussent pas ost* En plein jour seulement regarder son visn<;e.

DB REHY BELLBAIT*

0 qu'un grand reliquaire est clos en peu d'espace! Yiateur, prens-y garde : en ce lieu si sacré Awc un seul Bbllead tu peux voir enterré Phœbus, Amour, Mercure et la plus chère Grâce

J'avois creu jusqu'icy que la céleste race S'exemptoit dn passage aux mortels préparé, Mais je voy par sa fin le contraire avéré, Voyant mourir en luy tour le chœur de Parnasse.

Jamais plus rira esprit d'un corps ne Tut vestii; . Ce n'estoit que douceur, que sçavoir, que vertu, Dont mainte grand* lumière en terre estoit randnf.

Maintenant d'un cercueil tous ces biens sont enclos; Non, je faux, le tombeau n'enserre que les os, Et par tout l'uni^-ers sa gloire est espandué.

suit LA MORT DE JACQUES DE LEVY

MELR QUBLCS'

QrcLus, que la nature avoit fait pour plaisir. Comme une œuvre accomplie, admirable et divine, Portoit Amour aux yeux et Mars en la poitrine; Rien d'égal, entre nous, ne se pouvoit choisir.

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