‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 52 sur 190 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Mais, si son cœur changeoit comme l'Euripe. Sept fois le jour, deçà delà porté, Je n'auroy loy que de sa volonté :

C'est mon objet, et je suis son polype.

Ma dame, Amour, Fortime et tous les eleraens, Animez contre moy, sont bandez pour me nuire : Sans plus le doux sommeil de leurs fers me retire, Et fait peur à mes maux par ses enchantemens.

0 songe! ange divin, sorcier de mes tourmens. Je voy par ta faveur ce que plus je désire : Tu me fais voir ces yeux qui font que je soupire, Et fais naistre en mon cœur mille contentemens.

Mais la rage d'Amour, qui point ne diminué, Avec tous tes efforts empescbe ta venue, Et ne sens pas souvent ton doux allégement.

Donc, pms qu'il est ainsi lors que tu me visites, Helas! songe amoureux, dure plus longuement, Afm que tes faveurs ne soient pas si petites.

Je me veux rendre hermite et faire pénitence De l'erreur de mes yeux pleins de ternerité. Dressant mon hennitage en un lieu déserté, Dont nul autre qu'Amour n'aura la connoissance.

D'ennuis et de douleurs je feray ma pitance. Mon bruvage de pleurs ; et, par l'obscurité. Le feu qui m'ard le cœur servira de clairté Et me consommera pour punir mon offance.

Un long habit de gris le corps me couvrira, Mon tardif repentir sur mon front se lira. Et le poignant regret qui tenaille mon ame.

D'un espoir languissant mon baston je feray. Et tousjours, pour prier, devant mes yeux j'auray La peinture d'Amour et celle de ma darne.

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