D UN PORTRAIT
Amour de sa main propre a portrait cet image, Afm qu'un pays froid, lourd, barbare, indonté. Qui demeuroit lebelle à sa divinité, Fust contraint de se rendre et do luy faire hommage.
Il choisit le pariait d'un si divin ouvrage Dans le ciel, sur le vray de la mesme beauté, Vaquant à son labeur d'esprit tant arresté, Que sur la beauté mesme on voit quelque avantage.
Les -Amours luy servoient : l'un brassoit les couleurs, L'autre les destrempoil en l'argent de mes pleurs, L'autre, plus curieux, admiroit l'artifice.
Quand il eut achevé, luy-mesme en fut épris. En devint idolâtre, et soudain je fus pris, Afin que de mon cœur il luy fist sacrifice.
Hé! ne suffit-il pas qu'Amour, trop animé, Tienne mon cœur en feu qui s'accroist d'heure en heure, Sans que mes chauds soupirs, sortant de leur demeure, Donnent force à l'ardeur dont je suis consommé?
0 vent impétueux, excessif, enflamé.
C'est par toy que ma llame étemelle demeure.
profondit les auteurs anciens. Henri de Mesme, protecteur des érudits, l'eu vingt-neuf ans pour commensal. Il occupa Lh chaire d'éloquence où Ranius avait brillé, au collège de France Sauf un morceau, la Satire Ménippée fu écrite par lui et par N. Rapin. 11 mourut le 12 septembre 1602, l'année même dans laquelle on publia ses œuvres poétiques pour la première fois • Le dépit d'avoir été refusé.